Iran/États-Unis, la dangereuse escalade

(VOVWORLD) - La tension n'a jamais été aussi forte entre les États-Unis et l'Iran, notamment depuis qu'un drone américain a été abattu, jeudi 20 juin, par Téhéran, qui affirme que le drone en question se trouvait dans son espace aérien. Dès le lendemain, Washington ripostait en lançant des cyber-attaques contre des systèmes de lancement de missiles iraniens et en imposant des sanctions supplémentaires à Téhéran.
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La situation ne cesse de se dégrader. En décidant le 22 avril dernier de mettre l’Iran face à une « pression maximale » en interdisant à tout pays tiers de lui acheter du pétrole, les États-Unis ont visiblement choisi de sortir l’artillerie lourde. De son côté, l’Iran a menacé de fermer le détroit stratégique d’Ormuz, où transite le tiers du pétrole mondial.

L’attaque de deux tankers le 13 juin en mer d’Oman, rapidement attribuée par les États-Unis à l’Iran, lequel a démenti toute implication, n’a fait que mettre un peu plus d’huile sur le feu. Plus récemment, le 20 juin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir abattu un drone espion américain au-dessus du détroit d'Ormuz. Il s’en est fallu de très peu pour que ce soit la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le président américain Donald Trump a en effet annoncé dès le lendemain avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l'Iran pour éviter un lourd bilan humain.

La tension monte…

Jusqu’à présent, ni les États-Unis, ni l’Iran ne veulent la guerre. En principe, car il est à craindre que l’escalade de tensions à laquelle on assiste ne débouche sur un conflit armé. Washington a interdit le 20 juin aux compagnies aériennes américaines le survol de l'espace aérien contrôlé par Téhéran au-dessus du Golfe Persique et du Golfe d'Oman, et ce « jusqu'à nouvel ordre ». Samedi 22 juin, l’armée iranienne a averti les États-Unis que même une toute petite escarmouche aurait des conséquences dévastatrices pour les intérêts américains dans la région. « Tirer une balle en direction de l’Iran mettrait à mal les intérêts de l’Amérique et de ses alliés », a ainsi déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l’état-major des forces armées iraniennes.

Face à cette situation, le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté lundi 24 juin les parties concernées et tous les pays de la région à observer la plus grande retenue et à prendre des mesures pour réduire l'escalade et mettre fin aux tensions. Le ministre d'État britannique chargé du Moyen-Orient, Andrew Murrison, était à Téhéran, ce dimanche 23 juin, où il a voulu entamer des discussions avec des officiels iraniens. Peine perdue : Téhéran lui a opposé une fin de non-recevoir.     

… mais jusqu’à où ?

Les experts s’accordent sur le fait que la guerre des nerfs à laquelle se livrent Américains et Iraniens est de nature à créer un climat de tension. Cela étant, une chose est sûre : le président Donald Trump ne veut pas entrer en guerre, tout simplement parce qu’il vient de démarrer la campagne pour sa réélection en 2020. Il faut bien comprendre par ailleurs qu’une attaque militaire contre l’Iran aurait de lourdes conséquences sur les alliances que les États-Unis ont nouées dans la région, et qu’elle aurait également des impacts catastrophiques sur les prix du pétrole et sur l’économie mondiale.

Il reste que l’Iran campe sur ses positions et refuse de renégocier un nouvel accord nucléaire…

Jusqu’où ira-t-on ? Toute la question est là…  

                                                                                                  

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