Le roman «La cravate de Simenon» adapté au théâtre

(VOVWORLD) - Pour la 3ème fois, l’écrivain belge en vogue Nicolas Ancion est de retour au Vietnam et c’est à chaque fois une nouvelle aventure. Aujourd’hui, il est l’invité de «l’année Georges Simenon». Il participera aussi à l’adaptation d’un de ses romans, un projet initié par l’une de ses lectrices, Céline Mariage, et des étudiants de français de l’Université de Hanoï. Céline Mariage et Nicolas Ancion nous disent tout sur ce projet.
Le roman «La cravate de Simenon» adapté au théâtre - ảnh 1 Nicolas Ancion et une étudiante francophone: Photo: Duc Quy/VOV

VOV5: Votre roman «La cravate de Simenon» a été adapté au théâtre par les professeurs et étudiants de la faculté française de l’Université de Hanoï. Quelles sont vos impressions?

Nicolas Ancion: Oui, c’est un plaisir. Là, on travaille toute cette semaine et c’est une belle aventure. On ne savait pas ce qu’on allait faire au départ parce que le roman n’a pas écrit pour le théâtre. Il a vraiment été écrit pour être un roman. C’est une histoire qui se passe en Belgique dans les années 70 et là, on l’adapte à une famille au Vietnam, ça se passe ici aujourd’hui au Vietnam et c’est un plaisir d’écrire avec les jeunes vietnamiens en français et d’imaginer comment on va pouvoir représenter sur scène des choses compliquées, comment on va pouvoir mélanger du texte en français, en vietnamien, de la danse, du mime, tout ça dans un même spectacle, c’est passionnant.

VOV5: «La cravate de Simenon», pourquoi ce titre?

Nicolas Ancion: Le héros est un petit garçon dont le père avait volé une cravate appartenant à Georges Simenon, l’écrivain belge le plus lu à travers le monde et il l’utilisait comme porte-bonheur. Cette cravate, il l’a mise le jour de son mariage, il la mettait quand il devait se rendre à des entretiens d’embauche. Cette cravate était son porte bonheur. Le petit garçon va donc essayer de voler la cravate à son papa pour pouvoir l’amener en classe et l’utiliser lui-même. C’est l’histoire de cet objet un peu magique qui appartenait à Georges Simenon qui est racontée dans ce roman.

Le roman «La cravate de Simenon» adapté au théâtre - ảnh 2Céline Mariage (à droite)

VOV5: Céline Mariage, d’où vous est venue l’idée d’adapter ce roman au théâtre?

Céline Mariage: On va rentrer dans l’année Georges Simenon l’année prochaine, l’année 2018. On s’est dit qu’on allait travailler des pièces sur la thématique de Simenon. Je savais que Nicolas Ancion avait écrit un livre qui s’appelle «La cravate de Simenon». Au départ, ce n’est pas du tout une pièce de théâtre mais un roman. Avec les étudiants, et l’aide de Nicolas Ancion, nous avons écrit une histoire qui est très intéressante, très amusante et qui a permis de créer des personnages en plus du roman de Nicolas: personnage d’un docteur, personnage d’un homme de ménage et de servante, etc. C’est assez comique, on est en train de la monter, de la terminer. Il y aura des danses aussi pour avoir autre chose que la parole. Je pense que c’est intéressant pour les étudiants de travailler à la fois avec un écrivain et d’écrire les dialogues de ce qu’ils vont jouer. C’est vraiment leur projet personnel.

VOV5: Quand pensez-vous présenter cette pièce au public?

Céline Mariage: On jouera la pièce pendant les journées de la Francophonie qui se dérouleront en mars à l’Université de Hanoï. Ils la joueront aussi lors du Festival de printemps des arts du spectacle qui aura lieu en mai 2018 au Théâtre national du Vietnam.

Le roman «La cravate de Simenon» adapté au théâtre - ảnh 3

VOV5: Votre roman «L’homme qui valait 35 milliards» sera bientôt adapté au cinéma. Est-ce que vous intervenez dans ce projet?

Nicolas Ancion: Oui, je suis en train d’écrire le scénario. Quand je vais rentrer chez moi, je dois travailler sur la nouvelle version du scénario. C’est passionnant parce que c’est vraiment autre chose d’écrire pour le cinéma que décrire pour le roman. On a d’autres outils, le mélange d’images, de sons, pouvoir mettre de la chanson dans le film. C’est une expérience d’écriture extraordinaire que je n’avais encore jamais réalisée jusqu’ici.

VOV5: Un grand nombre de vos œuvres sont destinés aux adolescents et aux enfants et abordent les problèmes sociaux comme  l’alcool et la drogue. Pourquoi cet choix ?

Nicolas Ancion: J’ai l’impression qu’avec la littérature on peut être plus proche et plus intime. Avec les adolescents, c’est très difficile de discuter de certains sujets. Si on leur pose des questions, ils ne vont pas répondre. Faire un débat dans une classe sur certains sujets, c’est impossible! Par contre quand ils lisent un roman, ils écoutent et ils peuvent se poser les questions et finalement le débat, ils vont le faire tout seul avec le livre. Et donc le livre permet d’aborder certains sujets qui sont très difficiles à aborder en face à face avec notamment des adolescents. Avec les enfants, c’est plus facile, on peut aborder tous les sujets mais c’est parfois plus compliqué de les faire comprendre les réponses. Et un roman, la fiction, ça permet de comprendre des choses ou de se poser des bonnes questions qui aident finalement à grandir et à devenir plus sage ou peu réfléchi. 

VOV5: A côté de l’écriture du scénario de ce film, avez-vous d’autres projets parce que vous avez été assez paresseux ces trois dernières années et n’avait rien écrit depuis le «Marathon d’écriture» à Hanoï et à Ho Chi Minh-ville en 2014?

Nicolas Ancion: Oui, exactement. Alors dans les dernières années, j’ai plus précisément travaillé sur des films et sur des séries télévisées à écrire des scénarios pour des choses qui ne seront  jamais tournées. Donc, j’ai écrit, j’ai été payé, c’était très bien mais les décisions dépendent des chaînes de télévision, des producteurs et pas des gens qui les écrivent malheureusement. C’est un peu triste à dire mais dans notre monde, on est mieux payé pour écrire un film qui ne sera jamais tourné que pour un roman qui marche bien. J’ai beaucoup écrit mais rien ne sera tourné. En roman, du coup, je n’ai pas fait grand-chose ces derniers temps mais je travaille dessus pour ça vient pour l’année prochaine. 

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