Il y a développé trois messages: le monde traverse une mutation profonde, qui menace de fragmentation mais ouvre aussi des opportunités, et l’Union européenne y garde un rôle central ; Hanoï et Bruxelles convergent de plus en plus dans leur vision, leurs valeurs et leur approche de l’«autonomie stratégique» ; la relation entre le Vietnam et la Belgique doit servir de moteur et d’illustration à ce rapprochement.
Le dirigeant vietnamien a dressé le constat d’un ordre international en pleine recomposition. La rivalité entre grandes puissances s’est étendue, a-t-il expliqué, à l’économie, au commerce, aux chaînes d’approvisionnement, aux technologies stratégiques, à l’intelligence artificielle et aux normes de données. Les politiques de «sécurité économique» ou de «réduction des risques» tracent de nouvelles frontières au sein des écosystèmes technologiques et des chaînes de production, au risque d’une «fragmentation géo-économique» grave.
«Aucun pays ne peut faire face seul aux risques mondiaux. La question est de savoir comment protéger l’autonomie nationale tout en contribuant à bâtir ‘un ordre international juste, ouvert et fondé sur le droit’ - une interrogation qui appelle une réponse commune du Vietnam et de l’Union européenne, tant ils partagent ‘davantage de points de convergence que de différences’», a-t-il affirmé.
Cette fameuses question, Hanoï y répond par une devise: «Confiance en soi, autonomie, autosuffisance, résilience, fierté nationale». D’après le dirigeant vietanmien, l’autosuffisance forge la capacité de résistance ; la coopération internationale élargit l’espace de développement. Le Vietnam attend de ses partenaires, au premier rang desquels l’Union européenne, un accompagnement «stratégique, équitable, équilibré et efficace».
Tô Lâm veut voir dans la naissance de l’Union européenne une leçon de dépassement de l’histoire et d’acceptation des différences, «une philosophie très proche» de celle de notre peuple. Il a identifié quatre points de rencontre: l’autonomie stratégique des deux parties et la résilience propre au Vietnam; un regard favorable sur les nouvelles normes vertes européennes (CBAM, EUDR); un engagement commun en faveur d’un libre-échange et d’une sécurité économique équitables et transparents; le respect du droit international et de la sécurité maritime, sur la base de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.
Il a ensuite proposé cinq chantiers: relever la confiance politique et la sécurité économique; institutionnaliser une coopération commerciale et économique d’un niveau supérieur; réaliser une percée dans les sciences, les technologies, les semi-conducteurs et l’innovation; accélérer la transition verte et une transition énergétique «juste»; consolider l’éducation, la formation et les échanges humains.
En conclusion, Tô Lâm a rapproché la devise figurant sur les armoiries belges, «L’union fait la force», et le testament de Hô Chi Minh, «Union, union, grande union. Succès, succès, grand succès». Un «dénominateur commun», a-t-il dit, pour une ère nouvelle fondée sur l’union dans la diversité et le respect des différences, afin d’«écrire ensemble un nouveau chapitre de paix et de prospérité pour les deux continents».
