Douze mois plus tard, les premiers résultats donnent la mesure de cette transformation et illustrent la volonté du pays de bâtir une gouvernance plus moderne, plus transparente et plus efficace.
En un an, le Vietnam a connu une mutation institutionnelle sans précédent depuis le lancement du Renouveau. Plus qu’une simple réorganisation administrative, cette réforme marque une évolution profonde de la gouvernance, avec une priorité clairement affichée: améliorer l’efficacité du service rendu aux citoyens et aux entreprises.
Une réorganisation administrative d’une ampleur inédite
Le nombre de provinces et de grandes villes a été ramené de 63 à 34. Dans le même temps, 696 unités administratives de niveau district ont cessé leurs activités, tandis que le nombre de communes est passé de plus de 10.000 à un peu plus de 3.300.
Cette rationalisation des échelons intermédiaires a permis de réduire la distance entre le pouvoir central et les administrations locales, avec des procédures désormais plus rapides et plus fluides pour les usagers.
Sur le terrain, les habitants disent déjà percevoir les effets de cette transformation.
«Les gens sont vraiment contents. Ils sont plus nombreux à venir effectuer leurs démarches administratives. Les agents sont plus proches de la population, exactement dans l’esprit des orientations du Parti et de l’État», dit un homme.
«Les autorités locales sont plus dynamiques, plus flexibles. Elles soutiennent davantage les habitants dans le développement de leurs activités économiques. Il y a un vrai élan collectif, et la population répond avec enthousiasme», constate un autre.
Au cours des douze derniers mois, des centaines de textes encadrant la décentralisation ont été publiés. Le gouvernement a transféré plus de 1.400 missions aux collectivités locales, soit plus de 71% des compétences concernées.
«À ce jour, le gouvernement a promulgué environ 1.300 textes réglementaires. Les procédures administratives et les conditions d’activité économique ont été réduites et simplifiées d’environ 40%. Quant aux démarches encore traitées au niveau du gouvernement et des ministères, elles ne représentent plus qu’environ 27,4%. Ces résultats atteignent, voire dépassent, les objectifs fixés par la conclusion n°18 de la 2e session du Comité central du Parti pour le mandat en cours», a déclaré la vice-Première ministre Pham Thi Thanh Trà.
Pour Nguyên Duy Ngoc, chef de la Commission d’organisation du Comité central du Parti, cette réforme dépasse largement le cadre d’un simple ajustement technique.
«Après un an de fonctionnement, le nouveau modèle a démontré sa supériorité par rapport à l’ancien. C’est une avancée à la fois théorique et pratique. Nous passons d’une logique de gestion administrative à une logique de construction du développement. C’est le socle d’un renouvellement du mode de direction du Parti, une montée en qualité de la gouvernance nationale vers davantage de modernité, où la décentralisation va de pair avec le contrôle du pouvoir», a-t-il indiqué.
Une réforme encore en construction
Si l’architecture du nouveau modèle est désormais en place, les autorités insistent sur le fait que le travail est loin d’être achevé.
Ce mercredi matin, à Hanoï, lors de la conférence nationale consacrée au bilan de cette première année, le secrétaire général du Parti communiste et président vietnamien, Tô Lâm, a rappelé que cette étape ne constituait qu’un point de départ. Il a appelé à poursuivre cette transformation avec davantage de détermination, une méthode plus rigoureuse et un esprit d’innovation renforcé.
«La réforme de l’appareil du système politique est un chantier immense et difficile, qui exige persévérance, méthode et rigueur scientifique. Il ne faut ni précipiter les choses, ni s’arrêter face aux difficultés révélées par la pratique. L’esprit doit rester constant: une nouvelle organisation doit créer de nouvelles capacités, une nouvelle décentralisation doit s’accompagner de nouvelles responsabilités, une nouvelle pensée doit produire un nouveau mode de gouvernance. Le nouvel appareil doit mieux servir les citoyens et les entreprises, tout en soutenant la stabilité et le développement du pays», a-t-il dit.
Un an reste une période courte à l’échelle d’une réforme institutionnelle de cette ampleur. Mais ce délai suffit déjà à mesurer l’impact des premiers changements.
L’enjeu, désormais, est de faire en sorte que le nouvel appareil soit plus performant que l’ancien, sans jamais interrompre la continuité du service public. En filigrane, une ambition plus large se dessine: poser les fondations d’un modèle de gouvernance moderne, capable d’accompagner le Vietnam dans une nouvelle phase de développement rapide et durable.
