Ballet diplomatique dans le Golfe en crise

(VOVWORLD) - C’est d’un véritable ballet diplomatique que le Golfe est devenu le théâtre ces derniers jours. Il faut dire que la région est secouée par une crise qui oppose le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, à l’Arabie Saoudite et ses alliés.   
Ballet diplomatique dans le Golfe en crise - ảnh 1Les ministres des affaires étrangères bahreïni, égyptien, saoudien et émirati, au Caire, le 5 juillet. Photo: EPA/VNA 

Depuis le 5 juin, date à laquelle l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et l'Egypte ont brutalement rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, le Golfe est en ébullition. Non contents de fermer leurs frontières terrestres, aériennes ou maritimes avec le Qatar, ces quatre pays ont déclaré « persona non grata » tous les ressortissants qataris qu’ils accueillaient jusqu’à présent, au risque de créer une situation de non-retour.     
La situation reste tendue
L’Arabie Saoudite a transmis au Qatar un ultimatum en 13 points, le sommant  entre autres choses de réviser ses relations avec l’Iran, d’interdire la chaîne de télévision Al Jazeera, de fermer la base militaire turque qu’il abrite, de cesser de financer des organisations terroristes comme les Frères musulmans, l'Etat islamique ou Al-Qaïda et de payer une compensation financière…  
Doha a catégoriquement rejeté ces demandes. « Cette liste de demandes est faite pour être rejetée », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, la jugeant attentatoire à la souveraineté de son pays. L'Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et l'Egypte ont aussitôt surenchéri, en promettant des mesures supplémentaires pour faire pression sur le Qatar.     
En réponse à tous ces agissements, Doha a menacé lundi de se retirer du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Dans une lettre envoyée au secrétaire général du CCG, le chef qatari de la diplomatie a précisé que son pays allait donner un préavis de trois jours aux autres pays du Golfe pour qu'ils lèvent le « siège » imposé au Qatar, et le dédommagent pour le préjudice économique et politique. Une fois ces trois jours écoulés, si ses exigences ne sont pas remplies, le Qatar annoncera officiellement son retrait du CCG, a averti le ministre, qui a aussi précisé que la souveraineté du Qatar n’était pas négociable.     
Les efforts pour désamorcer la crise
Face à l’escalade de la crise, les diplomates sont entrés dans la danse, à commencer par le secrétaire d'État américain Rex Tillerson, qui a rencontré mercredi à Jeddah, en Arabie Saoudite, ses homologues saoudien, bahreïnien, émirati et égyptien pour tenter de désamorcer la crise, mais sans succès jusqu’à présent. Il avait pourtant arraché à Doha la promesse de lutter contre le financement du terrorisme.   
Lundi, le chef de la diplomatie américaine s’était également rendu au Koweit, qui fait figure de principal médiateur, pour y rencontrer l’émir cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah. Les deux parties ont convenu d’oeuvrer ensemble pour juguler rapidement la crise actuelle et la résoudre au plus vite à travers le dialogue. 
Le président turc s’est, de son côté, déclaré prêt à faire une tournée à partir du 15 juillet dans les pays du Golfe pour atténuer les tensions dans la région. 
Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, y est aussi attendu les 15 et 16 juillet.
Pour l’instant, l’option militaire semble écartée, à condition toutefois que ce ballet diplomatique ne prenne pas des allures de danse infernale.  

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