New Start: cinq ans de plus

(VOVWORLD) - New Start est un traité signé par les États-Unis et la Russie, qui plafonne leurs arsenaux nucléaires respectifs. Il vient in extremis d’être prolongé de cinq ans, d’abord par le Kremlin, puis par l’administration Biden, huit jours après. Faut-il y voir un signe de réchauffement des relations entre les deux anciens protagonistes de la Guerre froide?   

New Start: cinq ans de plus - ảnh 1Photo d'illustration

Signé en 2010 par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev et entrée en vigueur le 5 février 2011, le nouveau traité sur la réduction des armes stratégiques plafonne les arsenaux de la Russie et des États-Unis à un maximum de 1.550 ogives nucléaires, et limite à 700 le nombre de missiles et de bombardiers déployés par chaque pays. Le traité, qui aurait du expirer ce vendredi 5 février 2021, sera applicable tel qu'il a été signé, sans modification ni complément, jusqu'au 5 février 2026.

Eviter une course aux armements

«Nous nous félicitons de cette prolongation du New Start qui permet de mettre des limites, et de façon vérifiable, au plus grand arsenal nucléaire du monde», a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations Unies. Stéphane Dujarric a appelé Moscou et Washington à mettre à profit les cinq prochaines années pour négocier de nouvelles réductions de leurs arsenaux nucléaires, ainsi que de nouveaux accords répondant aux défis de notre époque en matière d’armes nucléaires.

L'extension officielle du traité a également été saluée par l’OTAN. «Les Alliés expriment à nouveau leur soutien à la mise en œuvre du traité ainsi qu’à un dialogue précoce et actif concernant les moyens d'améliorer la stabilité stratégique», a indiqué dans un communiqué l’Alliance transatlantique, qui s’est dite favorable à la poursuite des négociations sur les armements. Dans le même communiqué, l’organisation indique qu’elle considère la prorogation du traité comme «le début, et non la fin, d’un effort pour faire face aux menaces nucléaires et aux nouveaux défis qui émergent».

Pour rappel, les négociations sur la prolongation du traité étaient restées dans l'impasse sous la présidence de Donald Trump. L’ancienne administration américaine a tenté de conclure une prolongation plus courte. Mais Moscou et Washington ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur l’implication, ou non, de la Chine dans ce traité.

Vers un réchauffement des relations bilatérales ?

Cette prolongation du New Start devrait permettre aux deux pays de poursuivre leurs négociations sur le contrôle des armements et même sur l’inclusion d’une troisième partie, soit la Chine, soit un allié de Washington au sein de l’OTAN tel que la France ou le Royaume-Uni. Cependant, d’après les analystes, si ce renouvellement peut aider le monde à éviter une course aux armements entre les deux principales puissances nucléaires, il ne les aidera pas nécessairement à aplanir leurs divergences. Témoins les réactions  du Kremlin et de la Maison Blanche à cette prolongation, qui montrent une nette différence d'approche. La Russie, qui avait promulgué le 29 janvier une loi renouvelant le traité, a salué la sauvegarde de cette pierre angulaire de la sécurité internationale et invité Washington à travailler avec elle pour endiguer la pandémie de Covid-19 et dynamiser le commerce bilatéral. De son côté, Joe Biden s’est montré beaucoup plus réservé. «Le président Biden s'est engagé à protéger les Américains des menaces nucléaires en rétablissant le leadership américain en matière de contrôle des armements et de non prolifération. Aujourd'hui, les États-Unis font un premier pas pour tenir cet engagement avec la prolongation du traité New Start avec la Fédération de Russie pour cinq ans», a sobrement commenté le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Au cours de l’entretien téléphonique qu’il a eu avec le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, le président Biden a réaffirmé le soutien des États-Unis à l’OTAN qui est pour Washington une «forteresse se dressant contre la Russie». Le ton est donné…  

Force est de constater que les désaccords entre les deux grandes puissances restent nombreux. La prolongation du New Start n'est que le signe que Washington veut maintenir le statu quo de ses relations avec Moscou pour éviter une confrontation directe. De là à parler de réchauffement...  

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