Des saisons d’amour…

(VOVWORLD) -  Qui l’eût cru?...Qui eût cru que derrière l’austère conseiller financier de VPS Securities à Hô Chi Minh-ville, se cachait un romancier à la veine sentimentaliste? Eh bien oui, Trân Công Danh - c’est de lui dont il est question - vient de sortir un premier roman intitulé Paris, des saisons d’amour. Un titre pour le moins évocateur, qui a le mérite de donner le ton, puisque c’est bel et bien de la France qu’il s’agit, la France qui pour beaucoup, passe pour être le pays de l’amour par excellence…



Des saisons d’amour… - ảnh 1Photo: Danh Trân

Trân Công Danh - Danh Trân, de son nom de plume - a-t-il rencontré le grand amour lorsqu’il était lui-même étudiant en France? L’histoire ne le dit pas et Thùy Linh, qui s’est entretenue avec lui, n’a pas eu l’indiscrétion de le lui demander… Ce qui ne l’a pas empêchée d’en apprendre beaucoup, sur l’homme, sur l’écrivain et sur son œuvre…    

Danh Trân: Paris, des saisons d’amour est plutôt un recueil de souvenirs glanés au cours des mes années d’étude en France et en Europe. Ce sont des histoires vécues, avec des personnages réels: des étudiants, des Vietnamiens, des Viêt-kiêu, des amis français… C’était une période assez particulière de mon existence, quand même. J’étais jeune, plein de projets, d’énergie… Et avec en plus cette expérience du dépaysement… Forcément, ça laisse des traces, et avec le recul, j’ai voulu rassembler tous ces souvenirs épars et en faire quelque chose…   

VOV5: Combien de temps vous a-t-il fallu pour écrire ce roman?

Danh Trân: En fait, j'avais commencé un peu à écrire quand j’étais encore en France… Après, en rentrant ici, j’ai mis ça de côté, mais sans perdre l’idée qu’un jour, il allait falloir s’y mettre sérieusement. C’est un projet qui a mûri, comme ça, puis qui a finit par prendre corps. Je me suis vraiment lancé à corps perdu dans l’écriture il y a de ça deux ans. Il a fallu aussi démarcher les éditeurs, ce qui n’est jamais une mince affaire… Voilà, pour résumer, ça fait 10 ans de gestation, en tout… 

Des saisons d’amour… - ảnh 2Couverture de Paris, des saisons d'amour de Danh Trân, éditeur: Kim Dông. Photo: nxbkimdong.com.vn

VOV5: Quelle est votre «saison d’amour» préférée à Paris?

Danh Trân: Ma saison préférée? L'automne. L'automne, en Europe, ça a vraiment un charme très particulier… D’ailleurs, au départ, je voulais qu’il y ait une histoire qui se passe en automne, dans mon livre. C’était une histoire d’amour qui se passait dans la vallée de la Meuse, en Belgique, avec pour toile de fond un paysage automnal, justement… Mais bon, mon éditeur m’a déconseillé de m’aventurer par là, alors j’ai cédé… Peut-être que je n’aurais pas dû…   

VOV5: Quel message voulez-vous transmettre à vos lecteurs à travers votre livre?

Danh Trân: Il y trois choses que je veux transmettre… La beauté des paysages à travers les saisons, tout d’abord; avec la pluie, la neige, le soleil, la brume, qui sont de véritables prismes… Ensuite, ce sont quand mêmes les pérégrinations d’un jeune homme de 20 ans, qui porte les rêves et les aspirations de la jeunesse… Et puis - et c’est le troisième point - il y a toutes ces rencontres que j’ai pu faire: rencontres avec d’autres étudiants venus d’autres pays, mais aussi avec des migrants, avec des Vietnamiens installés en Europe depuis plusieurs générations… C’est très riche, tout ça!        

VOV5: Est-il facile de faire publier un premier roman quand on n’appartient pas a priori au monde des lettres? Et avez-vous appréhendé la réaction des lecteurs?

Danh Trân: Pas facile, non! C’est même un sacré parcours du combattant. Il faut dire que le monde de l’édition est une véritable jungle et qu’il n’est vraiment pas facile de s’y frayer un chemin! Le premier éditeur que j’ai contacté a d’ailleurs refusé mon manuscrit, mais bon, je ne me suis pas découragé et mes efforts ont fini par payer... Pour ce qui est de la réaction des lecteurs, elle est plutôt positive, je crois… J’ai reçu pas mal de mots d’encouragement, en tout cas. Je crois que ce à quoi ils sont sensibles, c’est ce côté «souvenirs de mes 20 ans». On dit souvent que 20 ans, c’est le bel âge, et je crois que tous, on en a des souvenirs marquants, et que du coup, beaucoup de lecteurs ont pu se retrouver dans mes récits.   

Des saisons d’amour… - ảnh 3Trân Công Danh (gauche) et Chékou Oussouman, représentant de l'OIF pour l'Asie-Pacifique lors de leur rencontre à l'occasion du 20 mars 2021. Photo: Danh Trân

VOV5 : Si je ne m’abuse, vous avez reçu le prix du GADIF en 2020... Pourriez-vous nous expliquer comment les choses se sont passées...

Danh Trân: Ce prix du GADIF, il s’adresse aux jeunes francophones qui sont au Vietnam. Quand je suis retourné au Vietnam, je parlais donc français, et je me suis efforcé de continuer à le faire, et pas seulement par nostalgie, mais parce que je pense vraiment que c’est un plus, pour moi. Sur le plan professionnel, en tout cas, ça m’a été très utile: utile au niveau de mes relations, mais aussi pour rester ouvert sur l’extérieur… Ce que j’ai fait, c’est que j’ai mis en place de petits cercles francophones,  qui se réunissaient dans des cafés. Petit à petit, ça s’est transformé en une sorte de réseau communautaire, constitué en grande partie de personnes ayant étudié en France comme moi. Ensuite, il y a eu la bourse franco-viet, qui a été créée  pour encourager l’apprentissage du français et qui est remise chaque année à des jeunes de Hô Chi Minh-ville ou du delta du Mékong. Mais de là à imaginer qu’un jour j’allais recevoir le prix du GADIF!...      

VOV5: C’est plutôt inattendu, ce prix, pour quelqu’un qui ne travaille pas dans le domaine de la langue et la culture française… Que pourriez-vous dire à nos auditeurs lecteurs, pour les faire rêver un peu?...

Danh Trân: Moi et beaucoup d’autres, nous avons eu la chance de recevoir une éducation moderne et d’apprendre la plus belle langue du monde! Cette langue, elle est porteuse de valeurs, et ces valeurs, j’ai envie de les partager, ici, au Vietnam. Cette petite notoriété que j’ai acquise, j’espère qu’elle va inciter d’autres jeunes à se tourner vers le français, vers les valeurs de la francophonie… Ce que je veux, moi, c’est partager parce quand on donne, on reçoit…         

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