Face à la pression de l’Occident, Moscou et Pyongyang se rapprochent

(VOVWORLD) - La Russie et la République populaire démocratique de Corée ont ceci de commun qu’elles sont toutes les deux sanctionnées et mises au ban par les pays occidentaux. Aussi cherchent-elles à se rapprocher. Pas plus tard que le 21 janvier dernier, l’agence de presse officielle nord-coréenne, la KCNA, a annoncé que le président russe, Vladimir Poutine, envisageait de se rendre prochainement en République populaire démocratique de Corée.

Un rapprochement opportun…

Face à la pression de l’Occident, Moscou et Pyongyang se rapprochent - ảnh 1Le président russe Vladimir Poutine accueille le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, lors de sa visite en Russie, en septembre 2023. Photo: KCNA

Cette annonce de l’agence de presse nord-coréenne est tombée quelques jours après la visite en Russie de la ministre des Affaires étrangères nord-coréenne, Choe Son-hui, visite qui s’inscrivait dans la droite ligne des accords conclus en septembre 2023, lors du Sommet historique qui avait rassemblé le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Face à la pression de l’Occident, Moscou et Pyongyang se rapprochent - ảnh 2Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue nord-coréenne, Choe Son Hui, lors de leur entretien à Moscou, le 16 janvier 2024. Photo: AFP/AVI

Cette visite, qui a eu lieu du 15 au 17 janvier, aura en tout cas permis aux deux parties d’aborder des sujets importants, parmi lesquels la situation en péninsule coréenne et dans le Nord-Est asiatique. De tous les échanges qui ont eu lieu, il ressort que les deux pays souhaitent renforcer leur coopération stratégique et tactique afin de défendre leurs intérêts essentiels et d’établir un nouvel ordre mondial multipolaire.

Mais il a aussi beaucoup été question de coopération bilatérale, comme l’a relevé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskok.

 «Le président russe et la ministre des Affaires étrangères nord-coréenne ont discuté du partenariat bilatéral, de la situation en péninsule coréenne et dans le monde…  Mais la priorité demeure l’épanouissement des relations bilatérales. Comme nous l’avons déjà affirmé, la République populaire démocratique de Corée est un partenaire très important avec lequel nous souhaitons dynamiser nos liens de coopération, y compris dans des secteurs dits ‘sensibles’», a-t-il expliqué. 

Pour les analystes, ce rapprochement entre Moscou et Pyongyang est d’autant moins étonnant que les deux pays sont pointés du doigt par l’Occident, qui leur impose des sanctions lourdes. Les visites mutuelles ont d’ailleurs été multipliées suite au Sommet historique du mois de septembre. Entre juillet et novembre, quatre délégations russes se sont ainsi rendues en République populaire démocratique de Corée pour nouer des partenariats dans différents domaines, tels que l’exploitation aurifère, l’acier, les terres rares, l’exportation de viande et de céréales russes. 

Pour les Russes, il s’agit de se tourner vers de nouveaux partenaires, et pour les Nord-Coréens, de répondre à des besoins sécuritaires, énergétiques et alimentaires.

Le 24 janvier, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a déclaré devant le Conseil de sécurité de l’ONU que le développement des relations entre la Russie et la République populaire démocratique de Corée était conforme aux intérêts des deux nations et qu’il n’y avait pas lieu de s’en alarmer. 

… qui fait grincer quelques dents

Ce rapprochement entre Moscou et Pyongyang commence néanmoins à inquiéter les États-Unis et leurs alliés en Asie du Nord-Est, à savoir le Japon et la République de Corée. Fin 2023, plusieurs responsables américains ont ainsi allégué que la République populaire démocratique de Corée était disposée à apporter son soutien à la Russie sur le théâtre ukrainien, ce que Moscou et Pyongyang ont réfuté. De leur côté, Séoul et Tokyo craignent que Moscou ne transfère des technologies défensives avancées à Pyongyang, lui permettant ainsi de continuer à développer des programmes de satellites et de missiles balistiques.

Le 18 janvier, les envoyés spéciaux des États-Unis, du Japon et de la République de Corée se sont réunis pour tenter une nouvelle fois d’appeler au dialogue, comme l’a notamment fait Jung Park, la représentante américaine.  

«Comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, les États-Unis ne nourrissent aucune hostilité contre la République populaire démocratique de Corée. Nous sommes prêts à rencontrer les responsables nord-coréens sans aucune condition préalable», a-t-elle assuré. 

Les observateurs estiment que ce rapprochement entre Moscou et Pyongyang est appelé à se poursuivre. Pyongyang a besoin d’un puissant partenaire dans le contexte actuel, explique Lee Ho-ryung, chercheur à l’Académie de recherches sur la défense de République de Corée. Joseph Dempsey, analyste à l’Institut international de recherches stratégiques, partage cette opinion, jugeant que la République populaire démocratique de Corée est parfaitement consciente des avantages que lui offre ce rapprochement avec Moscou.

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