Flambée de violences en Ukraine

(VOVworld) - L’est de l’Ukraine a connu mercredi ses combats les plus violents depuis la signature, en février, d’un accord de cessez-le-feu, pourtant censé ouvrir la voie à un règlement global du conflit qui oppose Kiev aux séparatistes prorusses. Il faut dire que les sanctions adoptées depuis plus d’un an, aussi bien par l’Union Europénne à l’encontre de la Russie que par la Russie à l’encontre de l’Union Européenne, à propos précisement de cette crise ukrainienne, ne sont pas de nature à apaiser les esprits sur le terrain, bien au contraire.

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Photo: internet

Les négociations de Minsk, destinées initialement à faire avancer les accords de paix pour l’Ukraine, viennent de se solder par un échec. Elles n’ont abouti à rien, ni sur l’application de la trêve peu respectée, ni sur le retrait des armes lourdes.

Un cessez-le-feu quotidennement mis à mal

Quelques heures après la réunion de Minsk, au moins 15 personnes, civils et assaillants séparatises confondus, ont péri lors d’affrontements opposant les autorités ukrainiennes aux insurgés à Donetsk. Kiev a aussitôt dénoncé des offensives menées par les forces séparatistes contre les positions contrôlées par le gouvernement ukrainien à Marinka, à 30km de Donetsk.

Faux, ont rétorqué les dirigeants de la république autoproclamée de Donetsk, qui accusent quant à eux l’armée ukrainienne d’utiliser des armes chimiques, corroborant ainsi les rumeurs avancées ces derniers jours autour de la ligne de démarcation.  

L’est ukrainien se retrouve confronté à une crise humanitaire sans précédent. Les affrontements ont coûté la vie à 6.400 personnes et en ont blessé 16 mille autres, tandis que 2,2 millions d’habitants ont été obligés de prendre la route de l’exode.

Le ping-pong des sanctions

Pendant ce temps, la Russie et l’Occident n’en finissent plus de s’affronter sur le terrain diplomatique. Dernière escarmouche en date, l'ambassadeur de Russie auprès de l'Union européenne, Vladimir Tchijov, s'est vu interdire d’accès au Parlement européen. Il faut dire que le Kremlin venait d’interdire de séjour sur le territoire russe 89 citoyens européens.   

«Dans la mesure où les autorités russes n'ont pas réussi à garantir la transparence de leurs décisions, il est maintenant justifié de réagir par des mesures appropriées», a souligné l'Union européenne. De plus, le Parlement européen a décidé de mettre en sourdine les activités de la commission parlementaire de coopération Union européenne-Russie et d’examiner au cas par cas les demandes de visite au Parlement européen déposées par les députés russes.

De son côté, l’Ukraine envisage de geler les avoirs russes. Kiev a en effet annoncé avoir perdu quelque 400 sociétés et 18 gisements gaziers nationalisés en Crimée,   les pertes étant estimées à 47 milliards de dollars.

Ce ping-pong de sanctions n’a rien de surprenant. Moscou et Bruxelles ne cessent de se renvoyer la balle malgré les accords de paix obtenus en février.

Futur sombre pour l’Ukraine

Les pourparlers de paix sur l’Ukraine avaient repris le 6 mai à Minsk suite à un nouveau regain de violences dans l’est. Toutes les parties cherchent à faire respecter  la trêve en vigueur depuis février.

Plusieurs pays européens ont déjà fait part de leur lassitude, en estimant qu’il subissaient les effets collatéraux des sanctions prises à l’encontre de la Russie, des sanctions pour l’instant contre-productives que les 28 risquent de devoir lever dès juillet, date à laquelle elles expirent de toutes façons.


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