Irak: offensive sur l’ouest de Mossoul

(VOVworld) - Les  forces irakiennes ont lancé le 19 février une offensive sur l’ouest de Mossoul. Objectif: reprendre à l’organisation Etat Islamique qui en a fait l’un de ses bastions, la deuxième ville du pays. Oui, mais… Quid des milliers de civils qui se retrouvent une fois de plus pris en étau…      


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Photo: AVI

Située à près de 400 kilomètres au nord de Bagdad, la ville de Mossoul occupe une position stratégique, puisqu’elle est le point de passage obligé entre le nord de l’Irak et l’est de la Syrie. Contrôlée depuis juin 2014 par Daesh qui en a fait l’un de ses bastions, elle a pris une dimension presque symbolique puisqu’elle est aussi le lieu où a été auto-proclamé le “califat”.      

Pour reprendre cette ville à l’Etat Islamique, les forces irakiennes, appuyées par la coalition internationale, ont lancé en octobre 2016 une assaut sur la partie est, faisant près de 1500 morts dans les rangs des djihadistes. Elles se sont ensuite lancées dans la reconquête de l'ouest.   

Les forces irakiennes gagnent du terrain…

L’aéroport de Mossoul, porte d'entrée de la partie ouest de la ville, est désormais dans la ligne de mire des forces gouvernementales, qui ont pris le contrôle de la colline stratégique d’Abu Saïf, près d’une semaine après le lancement de l’offensive. Leur premier objectif est d'occuper l'aéroport désaffecté et l'ancienne base militaire adjacente avant de lancer l’assaut sur la ville elle-même. Mais cette nouvelle bataille s’annonce compliquée. Selon les militaires américains, il resterait “quelque 2.000” djihadistes dans Mossoul-ouest et il sera difficile de les en déloger, vu l’étroitesse des rues de la vieille ville. Quant aux djihadistes eux-mêmes, ils ont juré de se battre jusqu’au dernier souffle pour défendre leur fief, quitte à recourir à des armes chimiques, comme il semble qu’ils l’aient déjà fait, à en croire en tout cas certains rapports publiés fin 2016 par l’ONU.    

… au risque d’une crise humanitaire

Cette bataille de Mossoul pourrait déclencher une crise humanitaire sans précédent. La violence des combats inquiète les Nations Unies, qui ont alerté sur les conditions difficiles dans lesquelles vivent 750.000 habitants - dont 350.000 enfants, selon l’organisation non gouvernementale Save the Children. Privés d’approvisionnement, coupées du monde extérieur, ces personnes se retrouvent désormais en première ligne, à la merci des tirs, des frappes aériennes et des bombardements.

Maurizo Crivallero, directeur de l’organisation Save the Children a appelé les forces irakiennes et la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis à faire tout ce qui est nécessaire pour protéger les enfants et leurs familles, et notamment à éviter de bombarder les hôpitaux et les écoles.

Difficile de dire quand cette bataille meurtrière va prendre fin. Il est en revanche aisé de prédire qui en sera le vainqueur, tant le “califat” s’apparente de plus en plus à une peau de chagrin. La population attend ses libérateurs. La guerre, elle n’en a déjà que trop souffert.


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