(VOVWORLD) - L’Union européenne convoquera le 22 janvier un sommet d’urgence à Bruxelles, en Belgique, afin d’élaborer une réponse commune aux menaces de droits de douane annoncées par le président américain Donald Trump, sur fond de tensions liées aux ambitions américaines concernant le Groenland.
Auparavant, le 17 janvier, Washington prévoit d’imposer, dès le 1er février, des droits de douane de 10% sur les importations de huit pays européens, à savoir le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande, des taux pouvant atteindre 25% à partir de juin, voire encore plus jusqu’à ce que Washington parvienne à acquérir pleinement et définitivement le Groenland. En réaction, l’UE envisage des mesures de rétorsion ciblant jusqu’à 93 milliards d’euros de marchandises américaines ou l’accès des entreprises américaines au marché européen. Ce dispositif a pourtant été suspendu à la suite d’un accord commercial temporaire conclu l’été dernier. Pour Rasmus Søndergaard, chercheur à l’Institut danois d’études internationales, les leviers économiques restent l’option la plus efficace pour l’Europe:
“Les instruments économiques constituent la meilleure option pour l’Europe. Il est nécessaire de répondre fermement à Donald Trump par des mesures douanières. L’UE pourrait cibler des alliés politiques du président américain, notamment certaines grandes entreprises technologiques de Silicon Valley ou les groupes d'électeurs qui le soutiennent, plutôt que de pénaliser directement des États ou des populations qui lui sont opposés. C’est complexe, mais l’Union européenne a la capacité d’agir si elle le souhaite. Une telle riposte affecterait non seulement l’économie européenne, mais aussi celle des États-Unis”, dit-il.
Plusieurs dirigeants européens appellent désormais à une ligne dure face à l’administration américaine. Selon le président français Emmanuel Macron, l’UE devrait activer l’Instrument anti-coercition (IAC), un mécanisme encore jamais utilisé, qui permet de restreindre l’accès aux marchés publics, aux investissements, aux services financiers et au commerce des services, des secteurs dans lesquels les États-Unis bénéficient d’un excédent vis-à-vis du bloc européen.