La déclaration chinoise sur sa souveraineté en mer Orientale est inacceptable


(VOV) - Le colloque annuel sur la sécurité en mer Orientale a eu lieu en fin de semaine dernière à Washington sur le thème : « La mer Orientale et l’Asie Pacifique en période de transition et de recherche de solutions pour le règlement des litiges ». Les chercheurs internationaux participant au colloque ont affirmé que l’appel d’offre international lancé par la Chine concernant neuf lots de pétrole et de gaz situés dans la zone économique exclusive du Vietnam en mer Orientale était dénué de tout fondement. Toujours selon ces chercheurs, la Chine ne peut pas revendiquer sa souveraineté en mer Orientale en se basant sur la ligne de langue de boeuf et la communauté internationale ne peut pas accepter ces déclarations absurdes.

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Les chercheurs et les hommes politiques participant au colloque partagent tous un point de vue commun : les déclarations et les politiques chinoises appliquées dans cette région sont dénuées de tout fondement et n’observent pas le droit international. Selon Carlyle Thayer, professeur de l’Académie australienne de la défense, la ligne de langue de bœuf a été dessinée par la Chine en 1948, avant la naissance de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer et de ce fait, elle n’a pas de lien avec cette convention. D’ailleurs, selon les experts en droit international, cette ligne de langue de bœuf n’est pas conforme à la façon standard de dessiner les cartes internationales. Ainsi, le fait que la Chine revendique sa souveraineté en mer Orientale selon la ligne de langue de bœuf dessinée par elle-même n’est pas raisonnable. De son côté, Marvin Ott, professeur à l’Université Johns Hopkins, estime que la Chine investit beaucoup d’efforts et de prestige pour justifier la revendication d’une souveraineté illégale. Marvin Ott souligne que devant les déclarations chinoises, la communauté internationale n’a pas d’autre choix que de manifester son désaccord et cela crée un danger. Marvin Ott insiste : « Les avocats, les chercheurs et les experts des autres pays ou toute personne qui observe ces déclarations peuvent tous constater que la ligne de langue de bœuf, appelée aussi la ligne des neuf tronçons, n’est pas légale au regard du droit international. Elle cause des problèmes. La Chine revendique sa souveraineté sur presque toute la mer Orientale en se basant sur la ligne de langue de bœuf. Aucune puissance dans le monde ne peut soutenir cette exigence, que ce soit les Etats-Unis, l’Inde, l’Union européenne, l’Australie ou le Japon. »

Selon le sénateur américain Joe Lieberman, la Chine sera encore plus isolée dans la région comme dans le monde si elle poursuit cette politique en mer Orientale. Joe Lieberman indique : « La revendication chinoise de la souveraineté d’une région trop large en mer Orientale constitue un acte provocateur qui oblige les autres pays à réagir. Pour régler ces litiges, il faut que la Chine arrête tout de suite ces actes et n’en entame aucun autre. »

Avant la tenue de ce colloque, le sénateur américain John McCain, ancien candidat à l’élection présidentielle, avait estimé que la Chine était devenue une puissance économique. Elle a donc besoin d’une quantité importante de matières premières comme le pétrole. Or, Pékin constate que la mer Orientale renferme en son sein une grande réserve de pétrole. C’est pour cette raison que la Chine intensifie la revendication de sa souveraineté sur cette région. John McCain estime : « Ces derniers temps, la Chine a mis en avant la ligne des neuf tronçons, estimant que la mer Orientale appartient au territoire chinois. C’est une déclaration injuste. La mer Orientale est une zone maritime internationale. C’est pour cette raison que nous souhaitons tous un comportement pacifique de la part de la Chine et des pays de la région pour résoudre ce litige de manière pacifique. Ces derniers temps, des conflits ont eu lieu dans la région. La tension monte. Il faut abolir cette tension et la négociation est justement la réponse à ce problème. »

La question de la mer Orientale est un sujet sensible car elle concerne directement les intérêts des pays côtiers de la mer Orientale. Ce colloque était l’occasion pour les chercheurs internationaux d’analyser la situation et d’exprimer leur position sur ce sujet. Ils ont tous estimé que les revendications chinoises sont souvent vagues et susceptibles de causer des malentendus. Parallèlement, la Chine ne cesse de renforcer son contrôle en mer Orientale. Pour Carlyle Thayer, ce colloque devrait aider les chercheurs chinois à mieux comprendre les points erronés concernant la revendication chinoise de la souveraineté en mer Orientale. Ainsi, de retour en Chine, ils pourront mieux l’expliquer à leur gouvernement et aux habitants.

Minh Hien, correspondant de la Voix du Vietnam aux Etats-Unis

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