Le monde en 2025: vers un nouvel ordre géopolitique

(VOVWORLD) - L’année 2025 s’inscrit comme un tournant sur la scène internationale. Marquée par une accumulation de crises géopolitiques et économiques, elle esquisse les contours d’un nouvel ordre mondial instable, dont les équilibres restent largement imprévisibles.
Le monde en 2025: vers un nouvel ordre géopolitique - ảnh 1Photo d'illustration: VGP

Le fait politique majeur de l’année demeure le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier 2025, pour un second mandat. Jusqu’aux derniers jours de l’année, les États-Unis sont restés au centre de l’attention mondiale, notamment en raison des déclarations controversées du président américain, allant jusqu’à affirmer que «les États-Unis doivent obtenir le Groenland».

Le retour de Donald Trump, catalyseur de recompositions internationales

Cette nouvelle présidence a profondément infléchi la diplomatie américaine. Sur le terrain de la paix et de la sécurité internationales, Washington a opéré un revirement notable concernant le conflit en Ukraine, en renouant le dialogue avec Moscou tout en réduisant progressivement son soutien économique et militaire à Kiev. Une stratégie destinée à pousser les protagonistes vers une issue diplomatique. Si aucun résultat concret n’a encore émergé, cette inflexion a néanmoins permis d’écarter, en 2025, le risque d’une escalade de confrontation entre la Russie et l’Occident, redoutée à la fin de l’année précédente.

Au Moyen-Orient, l’action américaine a contribué à l’instauration d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, tout en complexifiant parallèlement le dossier nucléaire iranien. Fin juin, les États-Unis et Israël ont mené des frappes ciblées contre des installations nucléaires en Iran, ravivant les tensions régionales.

Mais c’est sur le terrain économique que l’empreinte de la nouvelle administration s’est révélée la plus déstabilisante. En déclenchant une guerre tarifaire globale, Donald Trump a imposé des droits de douane réciproques à la quasi-totalité des pays, y compris les alliés traditionnels de Washington. Cette politique a provoqué le choc commercial le plus violent depuis plusieurs décennies, perturbant profondément les chaînes d’approvisionnement et accélérant la recomposition d’un ordre économique mondial de plus en plus incertain.

«L’année 2025 constitue une rupture dans la politique étrangère de Donald Trump. Cela s’est manifesté dès les premiers mois, avec la dissolution de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), puis s’est étendu à l’ensemble des politiques publiques. Le 2 avril, lors de ce qui a été qualifié de “Jour de la Libération”, le président a instauré des droits de douane historiquement élevés, non seulement contre les adversaires des États-Unis, mais aussi contre leurs alliés, déclenchant une guerre commerciale qui se poursuit encore», analyse Rebecca Lissner, spécialiste de la diplomatie américaine au Council on Foreign Relations (CFR).

Ces évolutions se reflètent dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale publiée par Washington le 4 décembre, qui acte un réalignement profond des priorités stratégiques américaines.

2026: une année sous le signe des incertitudes

À l’orée de 2026, les signaux d’instabilité demeurent nombreux. Les tensions entre les États-Unis et le Danemark autour du Groenland, l’escalade entre Washington et le Venezuela, l’enlisement des négociations entre la Russie et l’Ukraine, ou encore les représailles tarifaires croisées entre la Chine et l’Union européenne, survenues dans les derniers jours de 2025, annoncent une année chargée d’incertitudes.

La mise en œuvre accélérée de la nouvelle stratégie américaine, qui érige l’hémisphère occidental en zone d’intérêts vitaux et non négociables, pourrait transformer plusieurs régions en foyers de tensions dès 2026. Dans le même temps, les perspectives de règlement du conflit russo-ukrainien et l’entrée dans la deuxième phase du plan de paix à Gaza restent fragiles.

Pour Neil Melvin, directeur de la sécurité internationale à l’Institut royal des services unifiés (Royaume-Uni), trois défis majeurs façonnent déjà le paysage mondial et continueront de structurer l’année à venir: l’aggravation de l’instabilité globale, la multiplication des divisions et des conflits régionaux, et le risque croissant d’une confrontation directe entre grandes puissances.

"2025 restera dans les mémoires comme une année d'instabilité et de conflits croissants. Et ce que nous observons, c'est que trois grandes tendances de cette année vont se prolonger en 2026. Parmi elles, il y a le fait que le monde s'éloigne de plus en plus de cette paix et de cette stabilité dont nous avons bénéficié des années 1980 jusqu'au Printemps arabe. C'est un phénomène mondial, et ce qui le caractérise particulièrement, c'est la fin de ce qu'on appelle la Pax Americana - autrement dit, le recul du rôle des États-Unis en tant que garants de la paix, notamment à travers les Nations Unies", a-t-il précisé. 

Dans ce contexte, un événement pourrait peser de manière décisive sur l’équilibre mondial au premier semestre 2026: la visite annoncée de Donald Trump en Chine, prévue pour le premier trimestre. Ce déplacement devrait redéfinir les contours de la relation sino-américaine et préciser la réalité du concept de «G2» avancé par le président américain, fondé sur une coordination pragmatique entre Washington et Pékin, non seulement sur les plans géopolitique et économique, mais aussi technologique.

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