Le plan en 15 points: un espoir pour le conflit au Moyen-Orient?

(VOVWORLD) - Après un mois d’escalade intense, le conflit au Moyen-Orient qui oppose les États-Unis et Israël d’un côté, à l’Iran de l’autre, semble, pour la première fois, pouvoir trouver une issue diplomatique. Washington a en effet proposé à Téhéran un plan en 15 points visant à mettre un terme aux hostilités. Les risques d’escalade militaire demeurent toutefois élevés.

Le plan en 15 points:  un espoir pour le conflit au Moyen-Orient? - ảnh 1L’émissaire spécial des États-Unis, Steve Witkoff, s’exprime lors d’une réunion du cabinet à la Maison-Blanche, le 26 mars 2026. Photo : REUTERS/Evelyn Hockstein

L’émissaire spécial du président américain, Steve Witkoff, a confirmé le 26 mars que ce plan avait été transmis à l’Iran par l’intermédiaire du Pakistan. Il s’agit, à ce stade, de l’initiative la plus concrète en vue d’un règlement diplomatique du conflit.

Des premiers signaux d’ouverture

Le plan en 15 points:  un espoir pour le conflit au Moyen-Orient? - ảnh 2Un immeuble résidentiel détruit après des frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël à Téhéran (Iran), le 23 mars 2026. Photo : Majid Asgaripour/WANA via REUTERS

Évoqué depuis plusieurs jours par les médias occidentaux sans avoir été publié dans les détails, le plan américain prévoirait notamment un cessez-le-feu de 30 jours. L’Iran devrait démanteler ses installations nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordow, renoncer définitivement à tout programme d’armement nucléaire, remettre son uranium enrichi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et accepter un contrôle complet de ses infrastructures restantes, tout en cessant tout enrichissement.

Washington exigerait également une limitation de la portée et du nombre de missiles iraniens, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz. En contrepartie, Téhéran bénéficierait d’une levée totale des sanctions, ainsi que de la suppression du mécanisme onusien de rétablissement automatique des sanctions (snapback). Les États-Unis s’engageraient par ailleurs à soutenir la production d’électricité de la centrale nucléaire civile de Bushehr.

Pour Steve Witkoff, l’émissaire spécial du président américain, cette solution est à prendre ou à laisser…

«Nous verrons jusqu’où cela peut aller et si nous pouvons convaincre l’Iran qu’il s’agit d’un tournant et qu’il n’existe pas de meilleure alternative. Nous recevons des signaux très clairs indiquant que cela est possible. Si un accord était conclu, ce serait une excellente nouvelle pour l’Iran, pour toute la région et pour le monde entier», a-t-il déclaré.

Le 26 mars, l’agence Tasnim a indiqué que Téhéran avait transmis une réponse officielle. L’Iran y insiste sur la nécessité de mettre fin aux actions militaires et de prévenir toute reprise du conflit. Téhéran réclame également des compensations pour les dommages subis, des garanties sur les engagements pris, ainsi qu’un arrêt des hostilités sur l’ensemble des fronts impliquant ses alliés régionaux.

Cette réponse tranche avec le ton adopté par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi...

«Les Américains ont avancé certaines idées. Il a été question, à certains moments, d’un plan en 15 points, mais présenté comme des propositions distinctes. Tout cela a été soumis aux dirigeants de notre pays et nous exprimerons notre position si nécessaire. Pour l’heure, notre politique consiste à poursuivre la résistance et à défendre notre pays. Nous n’avons pas l’intention de négocier et aucune négociation n’est en cours», avait-il indiqué il y a quelques jours à peine.

Selon les analystes, ces premières réactions sont à la fois prudentes et fermes. Raz Zimmt, le directeur du programme Iran à l’Institut israélien d’études de sécurité nationale, estime que les dirigeants iraniens pourraient être ouverts à un cessez-le-feu, mais pas à n’importe quel prix.

Des risques d’escalade toujours élevés

Le plan en 15 points:  un espoir pour le conflit au Moyen-Orient? - ảnh 3Des hélicoptères à bord d’un porte-avions américain participent à une opération contre l’Iran. Photo: REUTERS

Le 26 mars, le président américain Donald Trump a, pour la deuxième fois, décidé de reporter son ultimatum et ses menaces de frappes contre des infrastructures iraniennes si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert. Il a accordé un délai supplémentaire de dix jours, jusqu’au 5 avril, pour explorer les options diplomatiques. Un répit qui laisse entrevoir une possibilité de désescalade.

Cependant, selon Daniel Levy, ancien négociateur au sein du gouvernement israélien, toute tentative de dialogue direct entre Washington et Téhéran devra tenir compte d’un facteur clé: la position d’Israël, qui a historiquement pesé sur les paramètres et, le cas échéant, sur l’issue des négociations entre les deux pays.

Michael Singh, ancien responsable du Conseil de sécurité nationale américain pour le Moyen-Orient, qui travaille aujourd’hui à l’Institut de Washington, estime pour sa part qu’une fenêtre d’opportunité subsiste. Si le coût du conflit devenait insoutenable pour les deux parties, un accord limité pourrait être conclu rapidement afin de mettre un terme aux combats, quitte à laisser de côté les questions les plus épineuses.

Malgré ces perspectives, le risque d’escalade militaire reste élevé. Parallèlement aux efforts diplomatiques, les États-Unis continuent de renforcer leur présence militaire dans la région. Environ 40.000 soldats y ont été déployés depuis le début du conflit, et des renforts de marines sont en cours d’acheminement. La Maison Blanche a également averti qu’elle intensifierait ses frappes si l’Iran ne cédait pas. Une posture qui risque de compromettre les chances diplomatiques, selon Klemens Fischer, professeur de géopolitique à l’Université de Cologne.

«Les États-Unis et Israël ont sous-estimé la réaction de l’Iran, qui se prépare à ce type de scénario depuis plus de quarante ans. Ils peuvent certes l’emporter militairement, mais le coût humain, financier et surtout politique ne cesse de s’alourdir», a-t-il souligné.

Côté iranien, la vigilance reste de mise. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis en garde le 26 mars contre le risque d’une possible invasion visant une île iranienne, avec le soutien d’un pays de la région non identifié. Sur le réseau social X, il a affirmé que les forces iraniennes surveillaient étroitement les moindres évolutions et a averti que toute agression entraînerait des représailles contre les infrastructures stratégiques de l’État concerné.

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