Le col de Pha Din, chemin des canons vers Dien Bien Phu

(VOVworld)- Coincé entre la falaise et un gouffre, à plus de 1.600 m d'altitude, le col de Pha Din, d’une longueur de 32 km,  était l’un des plus dangereux du Nord-Ouest. Dans la langue thaï, Pha Din signifie la démarcation entre le Ciel et la Terre. Le col est surtout réputé pour avoir été le point de départ du trajet de transports des fameux canons anti-aériens tirés par les soldats vietnamiens pendant la campagne de Dien Bien Phu.

 

Le col de Pha Din, chemin des canons vers Dien Bien Phu - ảnh 1

Le col de Pha Din est aujourd’hui beaucoup moins dangereux car il a été réhabilité pour être moins haut et plus large. Le passage du col est particulièrement intéressant avec des paysages pittoresques et romantiques surtout à la floraison des pruniers et un point de vue qui vaut vraiment le détour.

Même si le panorama est incroyable, Pha Din est surtout connu pour être un lieu associé à la victoire de Dien Bien Phu. Il y a 60 ans, les soldats vietnamiens et les jeunes volontaires ont emprunté ce col pour ravitailler en nourritures et en munitions le front de Dien Bien Phu. 60 ans se sont bien écoulés mais les souvenirs restent gravés dans la mémoire de Hoang Van, le compositeur de la chanson « Ho keo phao », que l’on pourrait traduire par “Le chant pendant le tir des canons”, inspirée de ce qui se passait au col de Pha Din :

« Avant d’atteindre le champ de Muong Thanh, nous devions emprunter un col très long qui nous permettait d’assurer depuis 1953 les ravitaillements du front. Cette route extrêmement sinueuse était alors la cible des bombardements français de jour comme de nuit. Les camions et les vélos qui transportaient les ravitaillements ont été détruits en masse et il fallait faire preuve de beaucoup d’imagination pour pouvoir passer le col. Un jour, j’ai moi-même essuyé le tir des canons et c’est ainsi que la  chanson “Le chant pendant le tir des canons” m’est venue. » se souvient le compositeur.

Le col de Pha Din, chemin des canons vers Dien Bien Phu - ảnh 2

Les canons anti-aériens ont été transportés par ce col pour viser les collines de Him Lam, Doc Lap et A 1 où était retranché le camp du commandement du colonel de Castries. C’était un travail extrêmement pénible.

« Pour pouvoir acheminer un canon jusqu’au sommet d’une coline, il faut des dizaines d’hommes qui doivent se répartir des deux côtés. D’un côté, on tire le canon, de l’autre on le pousse. On a été obligés de se servir d’un treuil mais à cause des tirs de l’ennemi, il arrivait aussi que le treuil soit sectionné et que le canon tombe dans le vide.  Le héro To Vinh Dien a sacrifié sa vie pour arrêter la chute dans le vide d’un canon. » nous raconte le compositeur Hoang Van.

Beaucoup d’autres routes ont  également  été empruntées pour acheminer les canons jusqu’à Dien Bien Phu. Parfois, les routes n’existaient que pour quelques heures seulement. Alors que certaines étaient même situées au milieu de la jungle, les hommes ont réussi à tirer des canons anti-aériens de 2,4 tonnes en traversant les collines et les montagnes sous les tirs de l’ennemi. Grâce à ce labeur très dur, 40 canons de 75 mm et des obus de 120 mm ont réussi à parvenir au front. C’est ce matériel qui a permis aux Viet Minh d’attaquer la colline de Him Lam, marquant ainsi le coup d’envoi de la campagne de Dien Bien Phu.

« A 15 km de la cuvette de Dien Bien Phu, nous devions tirer, nous-mêmes, les canons, se souvient Pham Duc Cu, un artilleur. C’était un parcours très dur pour les artilleurs comme nous. C’est pourquoi, nous étions surnommés les artilleurs au corps en bronze et aux pieds en fer. Je n’oublierai jamais les pentes de  Bay Toi, Suoi Ngua, Voi Phuc ou encore la coline U Mau où nous avons tiré des canons de 2,4 tonnes. »

A 20 km de la ville de Dien Bien, un monument commémoratif composé de statues hautes de 12,5 m a été construit pour rendre hommage à la force d’artillerie du héros national To Vinh Dien et pour rappeler le passé glorieux aux jeunes générations./.

 

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