(VOVWORLD) - Cette année, les fleurs de pêcher ont fleuri plus tôt que d’ordinaire. Dans de nombreux villages de montagne de la province de Tuyên Quang, l’hiver n’a pas encore tout à fait cédé la place au printemps que déjà les pentes et les hameaux se parent de rose. Une floraison précoce qui fait le bonheur des habitants, ravis de profiter plus longtemps de ce spectacle et des visiteurs venus de toutes parts immortaliser une saison des fleurs inhabituelle dans les régions d’altitude.
De nombreux villages de la province de Tuyên Quang sont déjà parés de roses éclatantes. Photo: Huyên Trang/VOV5 |
Au loin comme tout près, les coqs se répondent. La brume de la nuit se dissipe lentement, dévoilant les rizières en terrasses et, çà et là, les touches rosées des pêchers plantés devant les maisons accrochées à flanc de montagne.
Sur les sentiers escarpés, de jeunes femmes Dao rouges gravissent les collines pour cueillir les premiers bourgeons de thé encore perlés de rosée.
Des jeunes femmes de l’ethnie Dao rouge gravissent la colline pour se préparer à la cueillette du thé. Photo: Huyên Trang/VOV5 |
Nâm Piêu est un village situé au cœur de la zone de thé shan tuyêt du massif de Tây Côn Linh. Les théiers centenaires, couverts de mousse, se mêlent ces jours-ci aux fleurs de pêcher en pleine floraison. À la dominante verte et profonde du paysage s’ajoute désormais une note rose éclatante, donnant à la montagne un souffle nouveau, celui du passage lent, mais perceptible, vers le printemps.
Sous l’auvent de sa maison, la famille de Hoàng Sành Vây accueille un ami d’un village voisin venu partager un thé blanc ancien de Tây Côn Linh. Autour des tasses fumantes, la conversation, d’ordinaire simple et quotidienne, prend cette fois-ci un air de fête, portée par les pêchers en fleurs tout autour.
Habituellement, ces fleurs éclosent à l’approche du Têt, le Nouvel An lunaire. Mais cette année, en raison de l’année intercalaire du calendrier lunaire, ce phénomène est arrivé plus tôt, note Hoàng Sành Vây.
«Ici, les pêchers sauvages fleurissent d’abord. Le pêcher local, lui, est encore en boutons et devrait fleurir autour du Têt. La floraison peut durer un mois, voire plus, selon la météo. S’il pleut beaucoup, elle est plus courte. Les autres années, les deux floraisons se suivent de près. Quand on voit les fleurs, on sent clairement que le printemps arrive, que le Têt approche», nous confie-t-il.
Sur le plateau rocheux de Mèo Vac, les pêchers en fleurs semblent chasser la rigueur d’un long hiver. Dans les villages Mông, entre les maisons en pisé aux tons brun-gris, les arbres se couvrent de fleurs rose vif. Cette année, la floraison coïncide même avec la tradition du Têt anticipé pratiquée dans certains hameaux, dont celui de Thào Thi Phuong.
«Quand les pêchers fleurissent ici, il n’y a que la pierre et les fleurs, et c’est ce qui rend le paysage si beau. Certaines floraisons durent jusqu’au 26e jour du troisième mois lunaire, parfois jusqu’au marché des amoureux de Khâu Vai. Après le Têt, les gens repartent travailler aux champs. Dès que les fleurs apparaissent, on sent que le printemps est là», dit-elle.
Shamika, touriste sri-lankais, se dit ravid’admirer les pêchers en pleine floraison. Photo: Huyên Trang/VOV5 |
À Lung Cu, commune frontalière emblématique, la floraison attire de nombreux visiteurs. Des touristes venus du monde entier affluent pour admirer ce moment où la montagne est à son apogée de beauté.
«C’est la première fois que je vois autant de montagnes, et des paysages aussi beaux. J’ai déjà vu les cerisiers au Japon, mais ici, c’est une première. Il n’y a peut-être qu’une dizaine ou une vingtaine d’arbres à chaque endroit, mais c’est magnifique. Beaucoup de gens viennent pour prendre des photos», partage Shamika, un visiteur sri-lankais.
Dans un village Mông, les maisons traditionnelles aux murs de terre brun-gris se mêlent au rose éclatant des cerisiers. Photo: Huyên Trang/VOV5 |
Le long des chemins sinueux menant aux villages, les pêchers sauvages dessinent une mer de fleurs roses sur le fond ocre des maisons en terre battue.
À cette période, les familles engagées dans le tourisme communautaire, comme celle de Vàng Thi Phân à Lô Lô Chai, le «meilleur village touristique du monde», sont particulièrement sollicitées.
«Les fleurs de pêcher sont belles, même si elles n’ont pas encore toutes fleuri. Au printemps, il y a aussi les fleurs de colza, puis les cerisiers. En février, viennent les pêchers et les poiriers. Les poiriers sont blancs, les pêchers rouges. Quand les fleurs couvrent tout le village, il y a plus de visiteurs. Ce printemps, on se sent vraiment joyeux», partage-t-elle.
Vàng Thi Phân, de l’ethnie Lô Lô, se réjouit de voir affluer davantage de visiteurs en pleine floraison des pechers. Photo: Huyên Trang/VOV5 |
Dans les villages de montagne de Tuyên Quang, la floraison des pêchers est bien plus qu’un décor naturel. Elle fait partie intégrante de la vie spirituelle des habitants. Chaque saison des fleurs apporte son lot de joie et d’espoir.
Cette année, grâce à une floraison précoce, ce bonheur semble durer plus longtemps, porté par les pétales roses qui annoncent, en douceur, l’arrivée du printemps.