(VOVWORLD) - Le village de Cào, qui est situé dans la province de Thai Nguyên, est réputé pour sa production artisanale de vermicelles de tolomane. Ce sont les femmes qui sont les gardiennes de ce savoir-faire traditionnel, lequel assure des revenus aux foyers et contribue au développement du village.
Des vermicelles de tolomane fabriqués à la main sont mis à sécher au soleil. Photo: Thúy Kiều/VOV Nord-Est |
Le village de Cào compte près de 70 foyers, principalement issus de l’ethnie Nùng. Une dizaine d’entre eux pratiquent encore la fabrication artisanale de vermicelles de tolomane. Appréciés pour leur saveur naturelle et leur texture souple et résistante, ces vermicelles, entièrement confectionnées à la main, connaissent une demande croissante. Cette dynamique encourage les producteurs à développer leur activité et à approvisionner d’autres localités tels que Hanoï, Hai Phong ou encore Quang Ninh, comme nous l’indique Hà Thi Hoa, une villageoise.
“Je fabrique des vermicelles de tolomane depuis une bonne dizaine d’années. Ce sont des vermicelles qui conservent à la cuisson une texture souple et résistante, sans se désagréger. Très appréciés des consommateurs, ils se vendent chaque année en un temps record”, nous dit-elle.
Les femmes du village de Cào perpétuent ce métier traditionnel. Photo: Thúy Kiều/VOV Nord-Est |
Les vermicelles de tolomane et Cào, Cào et les vermicelles de tolomane, c’est une vieille histoire qui remonte à plusieurs décennies. Dès les années 1960, la tolomane était transformée par les villageois en vermicelles destinés à la consommation quotidienne. Pour obtenir des vermicelles de qualité, les artisans passent par de nombreuses étapes, allant de la culture et de la récolte de la tolomane à l’extraction et à la transformation de l’amidon, puis au coulage des galettes, au séchage, à la découpe des fils et à l’emballage.
Après un lavage soigneux, les tubercules sont broyés afin d’en extraire l’amidon, lequel est mélangé à de l’eau puis filtré à plusieurs reprises pour éliminer les impuretés. Une partie de cet amidon est ensuite cuite, mélangée à l’amidon cru et coulée en fines galettes, qui sont séchées avant d’être transformées en vermicelles. Alors que, dans de nombreuses localités, la production est aujourd’hui largement mécanisée, les femmes de Cào, elles, continuent de privilégier la fabrication manuelle. Selon elles, les vermicelles coulés à la main conservent une saveur unique et restent largement plébiscités par le marché.
Les vermicelles artisanaux sont très appréciés des consommateurs. Photo: Thúy Kiều/VOV Nord-Est |
À l’approche du Têt, face à la hausse de la demande, les femmes du village mobilisent davantage de main-d’œuvre afin de produire en moyenne 40 à 50 kg de vermicelles secs par jour, nous indique Luc Thi Bang, habitante du village.
“À ce jour, j’ai déjà écoulé environ 700 kg de vermicelles et prévoit d’en vendre autant d’ici le Têt. Les produits sont achetés aussi bien pour la consommation quotidienne que comme cadeaux du Nouvel An. Depuis que nous fabriquons des vermicelles, nos revenus se sont progressivement améliorés et, depuis la reconnaissance officielle du village comme village de métier, la commercialisation est devenue plus facile”, nous explique-t-elle.
Les produits sont prêts à être mis sur le marché. Photo: Thúy Kiều/VOV Nord-Est |
Au-delà des revenus générés, la fabrication des vermicelles renforce également la confiance et l’autonomie des femmes Nùng du village. La naissance de groupes de production a créé des emplois stables pour des dizaines de femmes locales. Cette dynamique a contribué à l’amélioration progressive des conditions de vie dans le village: le taux de ménages pauvres est désormais inférieur à 10%, tandis que le nombre de foyers aisés continue d’augmenter, comme nous l’indique Lôc Van Tuân, chef du village.
“Autrefois, les conditions de vie étaient difficiles. Aujourd’hui, grâce au développement des vermicelles, la vie de nombreux foyers s’est progressivement stabilisée et améliorée. Plusieurs familles ont pu rénover leurs maisons et investir dans la modernisation de leurs ateliers de production”, nous indique-t-il.
La fabrication artisanale de vermicelles est aujourd’hui devenue un véritable pilier économique, offrant des revenus stables, améliorant les conditions de vie et donnant aux villageoises un nouvel élan pour préserver et valoriser leur métier traditionnel.