Une tradition solidement ancrée

(VOVWORLD) - La poterie artisanale est une tradition solidement ancrée au Vietnam. Elle y a d’ailleurs ses hauts lieux…
Dans la province septentrionale de Quang Ninh, c’est Vinh Hông, un village dont la poterie est la grande spécialité artisanale depuis plus de deux siècles, désormais, et qui entend bien poursuivre dans cette voie.  
Une tradition solidement ancrée - ảnh 1La poterie artisanale à Vinh Hông (photo: VOV)
Nous sommes donc à Vinh Hông, par une journée ensoleillée et fraîche, comme il y en a tant en cette fin d’automne. Sur place, les fours tournent à plein régime et répandent cette odeur un peu âcre qui est celle de la terre cuite. Des deux côtés de la route principale, de petits monticules d’argile et de kaolin nous rappellent que nous sommes dans un village dont l’activité principale reste la poterie.   

D’après les seniors, c’est au 18e siècle que remonte cette tradition artisanale. Ce sont des potiers venus de Gia Lâm, qui est aujourd’hui un district périurbain de Hanoi, qui seraient venus s’établir à Vinh Hông, donnant ainsi naissance à une véritable corporation.  

S’il fallait résumer en deux mots les grandes caractéristiques de la poterie de Vinh Hông, il faudrait parler d’élégance et de solidité.

Cette solidité, qui est donc la marque de fabrique des potiers de Vinh Hông, est due en grande partie à la cuisson, qui se fait à l’ancienne, c’est-à-dire au feu de bois, comme nous l’indique Nguyên Xuân Thông, qui tient un atelier. 

«Ici, on utilise des fours à bois traditionnels qui sont particulièrement efficaces quand il s’agit de cuire des pièces de grande taille. Ça réduit pas mal les coûts de production», constate-t-il.          

Une tradition solidement ancrée - ảnh 2Les céramiques de Vinh Hông sont cuites à une température oscillant entre 1200 et 1300 degrés

Ce que ne précise pas Nguyên Xuân Thông, c’est que les céramiques de Vinh Hông ne sont pas cuites à 800 degrés comme c’est habituellement le cas, mais à une température oscillant entre 1200 et 1300 degrés, et pendant 24 heures, d’où cette solidité exceptionnelle.

Naturellement, le façonnage des moules et l'émaillage font également partie des étapes les plus importantes du processus. Elles sont du reste confiées à des potiers chevronnés, tel que Nguyên Dinh Câu.

«Le moule doit être bien façonné et bien chauffé, de façon à éviter toute fêlure, toute éraflure, et à rendre la surface de la poterie bien lisse», nous précise-t-il.

Si la poterie est bel et bien un artisanat pluriséculaire à Vinh Hong, elle n’en a pas moins connu des hauts et des bas et le fait est que l’activité est allée decrescendo puisque le village ne compte plus aujourd’hui que 17 ateliers. Et qu’y fabrique-t-on, dans ces ateliers? Essentiellement des jarres et des vases de grosse taille destinées à contenir de l'alcool, du nuoc mam et du riz.

C’est en tout cas une activité rentable, si l’on en juge par les bénéfices mensuels empochés par les potiers, bénéfices qui peuvent parfois grimper jusqu’à 30 millions de dôngs. Quant à l’épidémie, elle n’a pas créé de ralentissement trop important, d’après ce que nous explique Pham Van Thang, le secrétaire du comité local du Parti.  

«On a organisé un certain nombre de rencontres à l’intention des potiers qui du coup, ont pu mettre leurs problèmes sur la table. C’est comme ça qu’on a réussi à tirer notre épingle du jeu», nous raconte-t-il.   

Les potiers de Vinh Hông misent aujourd’hui sur une clientèle essentiellement domestique, ce qui ne les empêche pas de lorgner sur le marché international. Ils se sont d’ailleurs constitués en association, aidés en cela par les autorités locales qui prévoient quant à elles de créer une nouvelle zone de production d’une superficie de 20 hectares et de faire du village une destination touristique attrayante. C’est en tout cas ce qui ressort des propos de Lê Van Tinh, l’un des responsables économiques de la municipalité de Dông Triêu, à laquelle le village de Vinh Hông est rattaché.

«L’idée, c’est de créer un véritable label, mais aussi de mettre sur pied un centre chargé d’aider les producteurs et les entreprises locales à participer à des campagnes de promotion commerciale», nous dit-il.     

Au risque d’un jeu de mots facile, il paraît clair que les potiers de Vinh Hông n’ont pas l’intention de rester dans le pot-au-noir que l’épidémie fait vivre à bien des secteurs de notre économie. Bon vent à eux…  

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