(VOVWORLD) - Sur les Hauts Plateaux du Centre, la province de Dak Lak mise sur le tourisme communautaire comme voie d’ouverture et de préservation culturelle. Au sein des villages Êdê, les visiteurs sont invités à s’approprier un mode de vie plutôt qu’à consommer un paysage: partager la maison sur pilotis, le travail des champs, les rythmes du gong et la vie collective... En transformant ces pratiques ancestrales en moments de rencontre authentiques, les communautés locales offrent aux visiteurs étrangers une compréhension plus intime de leur culture, tout en reliant leurs villages au reste du monde.
Balade en tracteur vers les champs: une expérience marquante pour les visiteurs à Dak Lak. Photo: VOV |
Sous le soleil encore doux du début de la saison sèche, un tracteur s’engage sur les pistes de terre rouge basaltique des Hauts Plateaux. Ballottés par les cahots, des touristes français rient à chaque secousse.
Pour Olivier Mercler, venu de France, cette expérience est l’un des souvenirs les plus marquants de son voyage au Vietnam.
«C'est toujours très intéressant et très plaisant de partager un moment avec les habitants. On découvre leur mode de vie, comment ils travaillent. On apprend à mieux connaître les plantes, avec lesquelles on va cuisiner une cuisine incroyable au Vietnam, c'est formidable», nous confie-t-il.
Une mère Êdê travaille tout en portant son enfant. Photo: VOV |
Dans les villages Êdê, les visiteurs étrangers ne se contentent plus d’observer ou de photographier: ils partagent le rythme de vie local. Claire Mercler se dit frappée par la place centrale accordée aux femmes dans la société Êđê.
“J'ai découvert que dans la culture Êdê, les femmes étaient très importantes et qu'elles étaient, par exemple, les seules à hériter et que les hommes devaient aller vivre dans la famille des femmes. C'est très différent de notre culture à nous”, souligne-t-elle.
Ces expériences, en apparence simples, offrent aux visiteurs étrangers un autre regard sur la vie culturelle des peuples du Vietnam, où le lien communautaire, la place de la famille et la relation harmonieuse avec la nature se transmettent et se préservent de génération en génération.
Pour Y Tiên Niê Kdam, guide touristique Êdê, chaque visite dépasse largement le cadre d’un simple circuit.
«Les touristes étrangers viennent découvrir la vie villageoise, et nos compatriotes sont très enthousiastes, fiers de les accueillir avec sincérité. Ils gagnent chaque jour davantage en assurance», explique-t-il.
Cette assurance, H’Dor Ênuôl, habitante du village de Chuah, dans la commune de Kroong Ana, l’a acquise progressivement. Désormais habituée à recevoir des visiteurs étrangers dans sa maison sur pilotis ancestrale, elle a tiré une leçon simple de cette expérience.
«Au début, je pensais que recevoir des étrangers serait difficile. Mais assez rapidement, j’ai réalisé que c’était simple: il suffit de vivre naturellement, de travailler comme d’habitude pour que les touristes découvrent notre vie authentique. Petit à petit, j’ai pris confiance pour dialoguer avec eux», raconte-t-elle.
Maisons sur pilotis et traditions familiales: un patrimoine préservé qui offre des expériences authentiques. Photo: VOV |
Dans le village de Buôn Tuôr, H’Belly Êban a construit une maison sur pilotis traditionnelle, à la fois lieu de vie et hébergement pour les visiteurs. Pour elle, le tourisme communautaire, ouvert sur le monde, aide les habitants à mieux préserver leur identité et les valeurs essentielles de leur culture.
«Tout le village doit se coordonner et travailler de façon professionnelle. Mais l’essentiel reste que chaque famille, chaque village préserve ses valeurs culturelles traditionnelles. Les visiteurs ne viennent pas seulement pour manger et dormir, mais pour vivre la culture et écouter les histoires du village», insiste-t-elle.
Les autorités locales soutiennent cette orientation, comme nous le confirme volontiers Trân Hông Tiên, le directeur du Service provincial de la culture, des sports et du tourisme.
«Nous allons valoriser les espaces patrimoniaux, avec les investissements de l’État et les programmes nationaux cibles, pour aider les minorités ethniques à préserver et promouvoir leurs valeurs culturelles tout en développant le tourisme communautaire», nous explique-t-il.
Photo: VOV |
Le son des gongs, le travail dans les champs en terrasses, l’architecture des maisons sur pilotis, la force des liens communautaires: autant d’éléments du quotidien Êdê qui deviennent, pour les visiteurs étrangers, des expériences rares et précieuses.
Quant aux Êdê, à travers ces initiatives de tourisme communautaire, ils partagent une identité, une fierté et un mode de vie avec des hôtes venus du monde entier. Et ce sont précisément ces réalités simples et authentiques qui permettent, peu à peu, à Dak Lak et aux Hauts Plateaux du Centre du Vietnam de se rapprocher du reste du monde.