Liban, explosion et crise

(VOVWORLD) - Le Liban s’enfonce un peu plus dans la crise politique. Moins d’une semaine après les explosions dévastatrices survenues à Beyrouth, le Premier ministre libanais Hassan Diab a annoncé lundi 10 août la démission de son gouvernement.

Liban, explosion et crise - ảnh 1Le Premier ministre libanais Hassan Diab. Photo: Reuters

La catastrophe qui a frappé les Libanais le 4 août dernier est la cause d’une  corruption endémique dans la classe politique, dans l'administration et dans l'État. C’est ce qu’a affirmé à la télévision le Premier ministre, Hassan Diab, en annonçant la démission de l’intégralité de son gouvernement. La double explosion, survenue dans le port de Beyrouth, a fait au moins 158 morts, plus de 6 000 blessés et ravagé près de la moitié de la capitale libanaise. Les dégâts matériels sont estimés à 5 milliards de dollars.

Les conséquences inéluctables

Liban, explosion et crise - ảnh 2La double explosion, survenue dans le port de Beyrouth ravagé près de la moitié de la capitale libanaise. Photo: EPA

Les explosions au port de Beyrouth étaient la catastrophe de trop et la colère d’une large partie de la population libanaise contre les dirigeants du pays, après des mois de crise politique et économique, est plus que jamais ravivée. De violents incidents sont survenus les 8 et 9 août lors de manifestations contre la classe politique rendue responsable de la tragédie. Les forces de l’ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes contre les manifestants qui ont répliqué avec des jets de pierres et de projectiles.

Sous la pression populaire, trois ministres, un haut assistant du Premier ministre et plusieurs députés ont démissionné les uns après les autres, avant que Hassan Diab n’annonce la démission de tout son gouvernement, nommé il y a seulement sept mois.

Des défis majeurs...

Le plus grand défi est aujourd’hui de former rapidement un nouveau cabinet. Pour ce pays, divisé depuis des décennies entre différents partis politiques, cette mission s’annonce délicate. Rappelons que le Premier ministre Hassan Diab avait mis un mois et demi à former son gouvernement à la fin de l’année 2019 et qu’en 2016, Michel Aoun avait été élu président après 29 mois de vide institutionnel.

La reconstruction, aggravée par la pandémie de Covid-19, s’annonce extrêmement difficile dans un pays déjà épuisé par la corruption. Plus que jamais, Beyrouth a besoin du soutien de la communauté internationale, mais les conséquences désastreuses de la crise sanitaire sur la planète rendent incertaine la générosité des donateurs potentiels. 

Avant sa démission, le Premier ministre Hassan Diab avait proposé l’organisation d’élections parlementaires anticipées pour sortir le pays de la crise structurelle. Selon les analystes, la situation ne s’y prêterait pas. Outre que ce processus  nécessite des fonds importants, il pourrait conduire à des affrontements entre les différents partis politiques, comme ce fut le cas lors des dernières élections. A cela s’ajoutent aussi les ingérences extérieures des acteurs influents dans la région et dans le monde pour défendre leurs intérêts.

Alors quelle sera la solution ? Seuls les Libanais la trouveront si l’on en croit la devise de leur capitale : « Beyrouth mille fois morte, mille fois revécue ».

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