Nucléaire coréen, une question sans réponse

(VOVworld) - La communauté internationale a beau réagir, l’ONU a beau durcir ses sanctions, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a mené, le 9 septembre dernier, son 5ème essai nucléaire, le plus puissant jusqu’ici. La tension est remontée d’un cran dans la région, et force est de constater que le développement de l’armement nucléaire se poursuit sur la péninsule coréenne.

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L’essai nucléaire du 9 septembre est le deuxième mené cette année par la RPDC. L’agence d’information nationale KCNA se félicite du fait que la nouvelle ogive testée puisse être portée par un missile.

Une ambition nucléaire…

Ce lancement intervient suite à l’annonce d’un projet américano-sud-coréen qui consiste à installer, sur le sol sud-coréen, un système de défense antimissile capable de superviser plus étroitement les bases nucléaires nord-coréennes. Pour le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, c’est une menace à laquelle l’essai du 9 septembre est une réponse nécessaire. Pyongyang  s’attèlera désormais à renforcer sa puissance nucléaire autant qualitativement que quantitativement, a indiqué le porte-parole du ministère. Le 11 septembre, il a d’ailleurs officiellement demandé à Washington de le reconnaître en tant que puissance nucléaire.

L’essai est également dû à la nécessité ressentie par la RPDC de mieux se protéger maintenant que la Chine n’est plus un allié comme avant. Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, elle a voté des sanctions à son encontre.

L’attitude de Pyongyang inquiète profondément ses voisins qui cherchent à renforcer leur sécurité. La République de Corée va élaborer avec les Etats-Unis une stratégie de dissuasion en trois phases, lors de leur dialogue de haut niveau sur la sécurité prévu le mois prochain, a annoncé l’agence sud-coréenne Yonhap. Ces trois phases constituent des réponses à des menaces croissantes de la part de la RPDC: menace d’attaque nucléaire, recours imminent à l’arme atomique et attaque nucléaire de facto. En outre, Séoul a décidé d’activer pleinement sa stratégie de dissuasion pour faire face aux éventuelles provocations de Pyongyang qui pourrait recourir à des armes de destruction massive, à des attaques locales ou à une guerre véritable.

… que la communauté internationale cherche à stopper

Ce nouvel essai nucléaire de la République populaire démocratique de Corée pèse dans les débats de l’assemblée générale de l’ONU, qui se tient du 19 au 26 septembre à New York, ainsi que dans les rencontres bilatérales entre des dirigeants de différents pays. Le président américain Barack Obama et le Premier ministre chinois Li Keqiang ont ainsi convenu de collaborer à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Washington a également demandé à Pékin d’agir plus pour contenir Pyongyang, avec qui il est prêt à mener des négociations s’il renonce à son programme nucléaire. En outre, Américains et Chinois ont lancé des discussions sur la possibilité de promulguer une nouvelle résolution onusienne prévoyant des sanctions suite au dernier essai.

Certes, il paraît peu probable que les sanctions et l’isolement puissent décourager Pyongyang en matière de développement de missiles balistiques et d’armement nucléaire. Le porte-parole nord-coréen des Affaires étrangères les juge même « ridicules ». Mais, la communauté internationale semble ne pas avoir d’autres choix que de renforcer ses sanctions.

Ce dossier restera sans issue jusqu’à ce que la RPDC et les pays concernés acceptent chacun de leur côté des compromis. C’est la condition sine qua non pour la tenue de négociations conséquentes.

 

 

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