Saleem Hammad, un Vietnamien de coeur

(VOVWORLD) - Classé parmi les 100 personnalités arabes les plus influentes au monde en 2017 et nommé Ambassadeur d’amitié pour la paix de Hanoï en 2019, Saleem Hammad a un parcours singulier, à la croisée des cultures. Quinze années d’études et de vie à Hanoï ont façonné ce jeune Palestinien en un véritable Vietnamien de cœur. YouTubeur et TikTokeur très suivi, il partage aujourd’hui avec des millions d’internautes, au Vietnam comme à l’international, son regard passionné sur notre pays, ses habitants et sa culture. En ce début d’année du Cheval, Saleem Hammad nous raconte son histoire, faite de rencontres, d’attachement profond et d’un amour sincère pour cette terre en forme de S majuscule.

Saleem Hammad, un Vietnamien de coeur - ảnh 1Saleem Hammad aime la culture et l’áo dài traditionnel du Vietnam. Photo: fournie par Saleem Hammad. 

Créateur de la chaîne YouTube qui porte son nom, Saleem Hammad propose un espace dédié aux récits du quotidien, mêlant culture, tourisme et gastronomie du Vietnam et de la Palestine. Faisant fi de mises en scène sophistiquées, ses vidéos séduisent par un ton vivant, accessible, souvent teinté d’humour, porté par une approche sincère et spontanée. Une authenticité qui lui vaut des millions de vues et qui fait de sa chaîne un véritable pont culturel entre le Vietnam et le monde arabe.

Une immersion totale dans la culture vietnamienne

Saleem Hammad, un Vietnamien de coeur - ảnh 2Cette année, Saleem Hammad célèbre son quinzième Têt au Vietnam. Photo: Saleem Hammad

Né en 1993 dans le nord de la Cisjordanie, au sein d’une famille modeste, Saleem Hammad voit son destin basculer en 2011 lorsqu’il obtient une bourse pour étudier la vietnamologie à l’Université de Hanoï. Diplômé avec mention bien, il est ensuite admis à travailler à l’ambassade du Qatar à Hanoï.

Mais au-delà des études et du travail, c’est par une immersion totale qu’il apprivoise le Vietnam: conversations improvisées, échanges du quotidien, souvent autour d’un verre de thé au citron devant l’université... Une méthode simple, mais efficace, qui lui permet de maîtriser rapidement le vietnamien et de tisser un lien durable avec notre pays. «Le Vietnam est un endroit auquel j’appartiens», affirme Saleem Hammad.

“Quinze années de ma jeunesse se sont écoulées à Hanoï. Le Vietnam est aujourd’hui mon foyer. J’aime profondément son histoire, sa culture et ses traditions, au point de me sentir parfois Vietnamien, tout en portant dans mon cœur une âme palestinienne. En observant le parcours du Vietnam, j’y puise l’espoir que mon pays trouvera, lui aussi, un jour, la voie de la paix et de l’indépendance”, nous confie-t-il.   

Cette année, Saleem Hammad célèbre son quinzième Têt au Vietnam. Pour lui, le Têt n’est pas seulement le moment du passage à la nouvelle année: c’est un moment où les distances géographiques s’effacent dans la chaleur des liens familiaux et du partage.

“C’est déjà mon quinzième Têt au Vietnam, et j’ai goûté à d’innombrables banh chung… À chaque fête, je ressens pleinement la chaleur humaine, l’esprit de solidarité et ce sens de la communauté qui caractérisent les Vietnamiens. Le Têt est ce moment où chacun retrouve sa famille, se réunit autour du repas traditionnel, partage et évoque les souvenirs de l’année écoulée... J’ai aussi souvent été invité par des amis vietnamiens à passer le Têt au sein de leur famille. Ces moments m’ont apporté beaucoup de joie et m’ont permis d’oublier, un peu, la nostalgie du pays natal”, nous dit-il.   

Un amour profond pour Hanoi

S’il a parcouru de nombreuses régions du pays, Saleem Hammad nourrit un attachement tout particulier pour Hanoï, qu’il considère comme le cœur émotionnel de son parcours au Vietnam.

“Il me suffit d’être loin de Hanoï deux jours pour que ça commence à me manquer. Je connais le nom de chaque rue, parfois même leur longueur, et je peux dire, sans prétention, que je me repère peut-être mieux que beaucoup de Hanoïens... Pour moi, apprendre les rues, c’est aussi apprendre l’histoire du Vietnam, car chacune porte le nom d’une personnalité qui a marqué le pays. Par exemple: Chaque fois que je vais de Hàng Bông à Diên Biên Phu, je repense à la grande victoire de 1954. Quand des étrangers viennent ici, je fais toujours en sorte qu’ils gardent la meilleure image de Hanoï et des Vietnamiens, parce que, pour moi, Hanoï est le cœur du pays”, nous explique-t-il.

Les réseaux sociaux, un levier de dialogue interculturel

Saleem Hammad, un Vietnamien de coeur - ảnh 3Saleem se réjouit d’avoir atteint les 100.000 abonnés sur sa chaîne YouTube. Photo: Saleem Hammad

Maîtrisant de nombreux proverbes et expressions populaires vietnamiennes, qu’il utilise avec naturel et justesse, Saleem Hammad impressionne par son aisance linguistique et culturelle. En 2019, ce jeune Palestinien est élu «Ambassadeur d’amitié pour la paix de la ville de Hanoï». Un an plus tard, il remporte le premier prix du concours d’écriture «Hanoï dans mon cœur», organisé à l’occasion du 1010ᵉ anniversaire de Thăng Long–Hanoï. Dès 2017, son influence dépasse les frontières: il est classé parmi les 100 personnalités arabes les plus influentes au monde. Au-delà des titres et des distinctions, Saleem Hammad est très engagé en faveur du dialogue interculturel à travers les réseaux sociaux, qu’il considère comme un levier puissant pour rapprocher les peuples.

“Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont un impact immense. J’utilise les technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle, ainsi que des plateformes comme TikTok, Facebook et YouTube, pour créer des contenus en vietnamien, en anglais et en arabe. L’objectif est de faire connaître l’image, la culture et le mode de vie de la Palestine, du Vietnam et, plus largement, du monde arabe. À travers ces contenus, je souhaite aider les Vietnamiens à mieux comprendre les sociétés arabes, tout en favorisant de nouvelles opportunités de coopération et de développement commercial avec ces pays, des marchés particulièrement prometteurs”, nous confie-t-il.

L’ouverture du restaurant palestinien “Oliva”, en plein cœur de Hanoï, rue Hàng Buôm, marque une étape clé dans le parcours de Saleem Hammad au Vietnam. Inspiré par l’olivier, symbole de résilience, de persévérance et d’aspiration à la liberté du peuple palestinien, ce lieu se veut une véritable passerelle entre les cultures. Il offre au public vietnamien une occasion unique de découvrir la gastronomie halal et l’identité palestiniennes, au cœur même de Hanoï, ville pour la paix.

Entre Hanoï et la Palestine, Saleem Hammad fait le lien entre les cultures à travers la création de contenus et la gastronomie. Un parcours qui illustre le pouvoir des échanges culturels pour rapprocher les peuples et renforcer la compréhension mutuelle.

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