Les Brâu du Tây Nguyên

(VOVworld)- Des dizaines de minorités ethniques cohabitent sur les hauts plateaux du Centre Vietnam. Certaines d’entre elles ne comptent d’ailleurs que quelques centaines de personnes. C’est par exemple le cas des Brâu: 400 âmes, seulement! Il n’empêche. Aussi peu nombreux soient-ils, les Brâu sont fiers de leur identité culturelle, laquelle-c’est vrai-n’a rien à envier à celle des autres ethnies.
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Costumes des Brâu. Photo: dantocviet.vn
De toutes les ethnies de la grande famille vietnamienne, l’ethnie Brâu passe pour être la petite dernière. Il faut dire que les Brâu n’ont fait leur apparition au Vietnam qu’au début du 20ème siècle. Initialement regroupés à proximité des rivières Se San et Nam Khoong, là où se rejoignent les 3 pays indochinois, ils sont aujourd’hui installés dans le au village de Dak Me, un village de la province de Kon Tum, sur les Hauts-Plateaux du Centre, donc.

Les Brâu vivent sous le régime matriarcal. Ils parlent une langue de la branche dite «môn-khmer» des langues austro-asiatiques, mais ils n’ont pas d’écriture. Spirituellement parlant, ils sont polythéistes, mais surtout animistes puisqu’ils vénèrent la montagne, la mer et les arbres, auxquels ils accordent une âme. Leur génie suprême est baptisé «Pa». C’est le créateur de l’univers, du ciel, de la terre et de tous les êtres vivants. Incarnation des puissances surnaturelles, il a pouvoir de vie et de mort. Lưu Anh Hùng, ethnologue:

La culture des Brâu ressemblent à celles des autres ethnies qui cohabitent sur les Hauts-Plateaux du Centre en général et dans la partie Nord de la région en particulier. Ils ont aussi des maison Rông comme siège communal, ils vivent dans des maisons sur pilotis, ils célèbrent des festivités relatives à l’agriculture sur brûlis... Ils sont animistes. Ils croient que toute chose, sur Terre, est dotée d’une âme, d’une force vitale qui l’anime. Question instruments de musiques, ils jouent du gong et du tambour…

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La maison commune Rông des Brâu du Tây Nguyên

La fameuse maison «rông» est souvent édifiée au milieu du village. C’est dans cet endroit que se déroulent les rites traditionnels et les fêtes: c’est une sorte d’espace plus ou moins sacré qui réunit l’ensemble de la communauté villageoise. Sinon, les Brâu vivent dans des maisons sur pilotis, caractérisées par la porte d'entrée à l'avant.

Pendant la guerre, ils menaient une vie précaire en sillonnant la frontière Vietnam-Laos pour pratiquer l’agriculture sur brûlis. Mais après la réunification, avec l’aide des gardes-frontières de Kon Tum, ils ont pu s’installer dans le village de Dak Me, qu’ils n’ont donc pas quitté. Ils bénéficient aussi des politiques de développement du Parti et de l’Etat. Thao Loi, un responsable du village de Dak Me:

En 2005, en constatant une forte baisse démographique au sein de notre communauté, l’Etat a réagi à temps. Un projet de développement totalisant 25 milliards de dongs a été approuvé en notre faveur. Dès lors, nous avons de nouveaux logements solides et stable, et l’hygiène est assurée. Nous avons l’accès à l’électricité et à l’éducation. Et en 2010, notre village a fait peau neuve. 

En effet, la pauvreté, des mœurs et coutumes arriérées ont été éliminées. Mais plus important, les Brâu ne sont plus menacés par la baisse démographique. En 2012, ils étaient 417, alors que 7 ans plus tôt, en 2005, ils n’étaient plus que 368. Ils ont appris la riziculture et se sont lancés dans la culture des caféiers et des hévéas. Et désormais, leurs enfants sont tous scolarisés, prêts à prendre la relève./.

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