Les chevaux arrivent en ville

(VOVWORLD) - Au Temple de la Littérature à Hanoï, les chevaux ne galopent pas. Ils surgissent en silence. En ce printemps de l'année du Cheval, ces sculptures ne se contentent pas d'évoquer la symbolique ancestrale de la résilience et du voyage: elles affirment les ambitions d'un Vietnam en quête de renouveau.
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Sous les toits vernissés du site historique, l’encens se mêle à l’odeur du bois fraîchement sculpté et au vernis profond de la laque. Le patrimoine devient écrin, mais aussi partenaire de dialogue.

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Dans la culture vietnamienne, le cheval incarne la force, la loyauté, l’endurance. Mais dans cette exposition, le symbole cède d’abord la place à la matière.

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Les sculptures du chercheur et artiste des Hauts Plateaux Dang Minh Tâm, semblent surgir directement du tronc dont elles sont issues. Le bois conserve ses cicatrices, ses veines, ses tensions internes. Rien n’est poli à l’excès. Chaque entaille reste visible, chaque coup de ciseau raconte le geste.

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Avant de sculpter, confie-t-il, il observe longuement le morceau de bois, y cherche une silhouette latente. Le cheval n’est pas imposé à la matière: il en émerge. Chaque œuvre devient ainsi une entité singulière, presque organique.

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Certaines pièces évoquent le compagnon de route des longues traversées sur les Hauts Plateaux. D’autres rappellent l’animal sacré des rituels communautaires. Le cheval apparaît alors comme une mémoire mobile, dépositaire d’un imaginaire collectif.

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À l’occasion du 950ᵉ anniversaire du Temple de la Littérature, Dang Minh Tâm présente également une série intitulée «Retour glorieux aux ancêtres». Des chevaux se portent mutuellement, l’un soutenant une plaque dorée, l’autre une couronne florale. La composition oscille entre célébration solennelle et poésie narrative.

Plus loin, le ton change: chevaux penchés sur des livres, chevaux surveillants d’examen, chevaux paresseusement allongés. L’humour affleure, discret mais assumé. Le patrimoine respire.

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Les œuvres en laque de Lê Huy et du groupe Lamphong Studio introduisent une autre texture visuelle. Les silhouettes stylisées se détachent dans l’espace printanier avec une élégance contenue.

Les chevaux arrivent en ville - ảnh 11La laque, matériau traditionnel, retrouve ici une vitalité contemporaine. Les chevaux semblent à la fois ancrés dans l’histoire et résolument présents. Ils ne décorent pas l’espace, ils l’habitent.
Les chevaux arrivent en ville - ảnh 12 La surface capte la lumière naturelle et la renvoie en reflets profonds, presque liquides.
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Sans hennissements ni galops, «Les chevaux arrivent en ville» déplace la figure du cheval hors de son registre héroïque attendu. Elle devient vecteur d’élévation, métaphore du mouvement, mais aussi simple présence plastique dans un lieu chargé d’histoire.

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L’exposition attire un public nombreux, vietnamien et international.

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Dans le flux des visiteurs, les œuvres créent des pauses. Un regard s’attarde sur une encolure tendue, une main effleure la rugosité du bois... Chaque arrêt devient une rencontre silencieuse: entre tradition et modernité, entre geste artisanal et perception intime.

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À l’aube de l’année du Cheval 2026, ces «montures guerrières» artistiques ne proclament rien. Elles suggèrent. Elles invitent. Et dans la cour ancienne du Temple de la Littérature, leur immobilité semble étrangement vibrante.

Exposition visible jusqu’à fin mars 2026 au Temple de la Littérature, à Hanoï.

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