(VOVWORLD) - À Hanoï, une exposition consacrée aux stèles des docteurs du Temple de la Littérature marie tradition et technologies numériques. Une manière contemporaine de faire parler la pierre.
Photo: Thuy Tiên/VOV1 |
Au Temple de la Littérature, haut lieu du savoir vietnamien, les stèles des docteurs ne se contentent plus de témoigner en silence. Depuis le 6 février, l’exposition «Histoire gravée dans la pierre» propose une lecture renouvelée de ces 82 monuments consacrés aux lauréats des concours mandarinaux.
Le parti pris est clair: conjuguer mise en scène traditionnelle et dispositifs numériques interactifs. Loin d’un simple accrochage de documents, le parcours explore quatre grands axes – le système éducatif confucéen, l’organisation des concours, les politiques de recrutement des talents et les figures marquantes issues de cette élite lettrée.
Les technologies numériques et de projection sont utilisées pour transformer les documents historiques en images saisissantes. Photo: Thuy Tiên/VOV1 |
Au cœur du dispositif, une installation attire les visiteurs. Kim Phuong, de la société BSM Labs, spécialisée dans les applications d’intelligence artificielle pour le patrimoine, en détaille le fonctionnement.
«Les visiteurs appuient sur une touche correspondant à une stèle. À ce moment-là, la tortue s’illumine pour indiquer son emplacement exact. Quand le capteur s’active, les informations apparaissent à l’écran et on peut lancer une vidéo. Ces vidéos reposent sur un travail artisanal minutieux:On crée d’abord des bas-reliefs en argile, entièrement modelés à la main. Ensuite, l’intelligence artificielle et les outils de post-production transforment ces scènes en animations», a-t-il partagé.
L’exposition s’inscrit d’ailleurs dans la continuité des parcours permanents du site – «Quôc Tu Giam, première école nationale» ou encore «Source de la voie confucéenne» – renforçant la cohérence d’ensemble.
Photo: Thuy Tiên/VOV1 |
Pour Truong Quôc Toan, membre de l’équipe de conception, le défi était d’abord éditorial.
«Les textes des stèles sont très inégaux: certains sont longs, d’autres très courts. Nous avons cherché les éléments communs aux 82 stèles pour les présenter de manière structurée. Cela permet de mieux comprendre l’histoire de chaque docteur, la politique de recrutement des talents des souverains, et le parcours des candidats aux concours», a-t-il noté.
Derrière l’innovation technologique, l’ambition reste patrimoniale: rendre sensible ce qui, pendant des siècles, fut gravé dans la pierre. L’exposition revendique une approche immersive – «toucher l’histoire, découvrir le patrimoine» – et invite à relire la tradition confucéenne non comme un vestige figé, mais comme un héritage dont certaines valeurs continuent d’irriguer la société contemporaine.