(VOVWORLD) - Dans la province de Quang Tri, sur la côte du Centre du Vietnam, un virage discret mais décisif est en cours. Confrontés à des conditions de pêche de plus en plus contraignantes, notamment pour les embarcations ne répondant plus aux normes, de nombreux pêcheurs abandonnent progressivement la mer pour se tourner vers l’aquaculture durable. Une transition qui, au-delà de la reconversion individuelle, esquisse les contours d’un modèle reproductible à l’échelle nationale.
De nombreux pêcheurs se tournent de la pêche en mer vers l’aquaculture. Photo: VOV |
À Nam Cua Viêt, plus de 800 hectares ont été aménagés pour l’élevage aquacole. Dans cette commune côtière, les autorités orientent les habitants vers des pratiques durables et à forte valeur ajoutée. L’élevage de crevettes en plusieurs phases, appuyé par des technologies modernes, s’impose comme l’un des piliers de cette nouvelle économie maritime. Parmi les pionniers de cette transformation figure Lê Xuân Vuong, un pêcheur expérimenté.
«Grâce à l’accompagnement et aux conseils des autorités, j’ai décidé d’appliquer ce modèle d’élevage de crevettes en trois phases, utilisant des technologies avancées. Après deux ans, les résultats sont stables et les revenus élevés», se félicite-t-il.
Cette mutation est étroitement encadrée par les autorités communales, qui veillent à maintenir les surfaces aquacoles existantes tout en développant des modèles respectueux de l’environnement, intégrant la gestion des écosystèmes et la qualité de l’eau.
Photo: VOV |
À l’échelle provinciale, la stratégie vise à accompagner la reconversion des pêcheurs dont les bateaux ne sont plus adaptés, en leur offrant des alternatives concrètes: aquaculture, services liés à la pêche ou encore tourisme communautaire. Des soutiens financiers et techniques sont mobilisés pour sécuriser cette transition, comme l’indique Nguyên Duc Trung, chef adjoint du service de la pêche et du contrôle des ressources halieutiques de Quang Tri.
«La province prend en charge jusqu’à 30% des coûts d’infrastructure, ainsi qu’une partie des dépenses liées aux alevins et à l’alimentation. Nous assurons aussi le suivi de la qualité de l’eau afin d’alerter rapidement les éleveurs et de leur garantir des conditions favorables à la production», précise-t-il.
Parallèlement, de nouveaux modèles voient le jour, comme l’élevage de poissons en cages en plastique HDPE, plus résistantes et adaptées aux conditions maritimes. Autant d’initiatives qui diversifient les activités et renforcent la résilience des communautés côtières, et qui méritent d’être généralisées à l’échelle nationale.