Pour atteindre une croissance d’au moins 10%, plusieurs élus estiment qu’il faut avant tout mieux utiliser les ressources financières disponibles et miser davantage sur la productivité et l’innovation. Mais mobiliser davantage de capitaux ne suffit pas. Il faut surtout en optimiser l’utilisation pour créer davantage de valeur ajoutée et générer des retombées concrètes pour la population.

Pour Trân Thi Hông Thanh, députée de la province de Ninh Binh, le Vietnam doit donc accélérer sa croissance, mais aussi veiller à ce qu’elle repose sur des bases plus solides.

“La croissance doit rester compatible avec les équilibres financiers afin de ne pas réduire les marges de manœuvre des prochaines années. Il est donc essentiel de passer d’une logique de mobilisation des capitaux à une allocation plus efficace des ressources, tout en assurant la sécurité financière. Chaque projet doit faire l’objet d’un examen approfondi pour identifier les blocages, clarifier les responsabilités et évaluer les possibilités de réalisation. Les fonds doivent être réorientés des projets en retard ou insuffisamment préparés vers ceux qui sont prêts à démarrer et présentent un meilleur potentiel de réalisation. Dans les secteurs des transports, de l’électricité et de l’énergie, le lancement de grands projets doit être conditionné à la clarification de leur financement, de leur calendrier et de leur articulation avec les autres infrastructures. Il s’agit d’éviter que les pénuries d’électricité et les retards dans les infrastructures ne deviennent des freins à la croissance”, a-t-elle précisé.

Afin de faciliter l’accès des entreprises au crédit et de réduire le coût de leurs emprunts, Trân Quôc Tuân, député de la province de Vinh Long, propose de solidifier les garanties.

“Une économie peut afficher une forte croissance à court terme grâce aux emprunts. Mais pour être durable, cette croissance doit s’appuyer sur des projets qui produisent de la valeur, améliorent la productivité et génèrent des revenus. Les organismes de crédit doivent renforcer leurs mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises pour leur faciliter l’accès aux prêts. Cela passe notamment par l’élargissement des dispositifs de garantie et par une évaluation des dossiers qui prenne en compte non seulement les garanties financières, mais aussi les flux de trésorerie, les contrats et les commandes des entreprises. Les financements doivent avant tout aller aux entreprises qui présentent des projets de production viables. L’objectif est que les prêts contribuent réellement à créer des produits, des emplois et des recettes fiscales”, a-t-il dit.