Selon un communiqué conjoint, les deux embarcations avaient quitté fin juin l'État de Rakhine, dans l'ouest du pays, avec à leur bord principalement des Rohingyas, minorité musulmane apatride. Elles auraient disparu en mer en raison de mauvaises conditions météorologiques. Les deux agences onusiennes soulignent que la détérioration de la situation humanitaire dans l'État de Rakhine, où les affrontements entre le pouvoir militaire et l'Armée d'Arakan se poursuivent, pousse un nombre croissant de Rohingyas à entreprendre des traversées maritimes extrêmement périlleuses à bord d'embarcations de fortune. Ces départs ont eu lieu en dehors de la saison de navigation habituelle, dans des conditions de mer particulièrement dangereuses.

Bien que les naufrages n'aient pas encore été officiellement confirmés, l'OIM et le HCR craignent qu'ils ne constituent l'une des plus graves tragédies maritimes de la région. Les deux organisations estiment que l'aggravation du conflit et de la crise humanitaire contraint toujours davantage de personnes à risquer leur vie pour tenter de rejoindre un lieu sûr. Face à cette situation, l'OIM et le HCR appellent les pays de la région ainsi que la communauté internationale à renforcer leur coopération afin de prévenir de nouveaux drames. Ils plaident notamment pour le renforcement des opérations de recherche et de sauvetage, un meilleur accès à l'asile et à la protection des migrants, ainsi qu'une lutte accrue contre les réseaux de traite des êtres humains et de migration irrégulière.