Une offensive réformatrice sans précédent

Le 29 avril, l’exécutif frappe fort: huit résolutions adoptées en une seule fois, avec une ligne claire — simplifier, décentraliser, alléger les procédures administratives ainsi que les conditions d'accès aux activités commerciales réglementées. Le chantier est massif: 163 textes réglementaires retouchés ou complétés, dont 155 décrets. Un volume inédit.

Dans le détail, 184 procédures administratives disparaissent, 134 sont transférées vers les échelons locaux, 349 simplifiées. À cela s’ajoute la suppression de 890 conditions d’accès à certaines activités commerciales. Résultat attendu: un recentrage du pouvoir de décision, avec seulement 27% des procédures encore traitées au niveau central. L’objectif est de réduire de plus de moitié le temps et les coûts administratifs pour les entreprises comme pour les citoyens. Et surtout, changer de méthode. Fini les ajustements à la marge — place à une réforme d’ensemble, structurée.

Trois jours plus tard, le 2 mai, une nouvelle impulsion est donnée. Le bureau gouvernemental demande aux ministères d’identifier en urgence les procédures à simplifier dans quatre domaines sensibles:prévention des incendies, création et fonctionnement des zones industrielles, évaluation environnementale, permis de construire. Échéance serrée: le 10 mai, avec passage par le ministère de la Justice pour une évaluation indépendante.

Cette deuxième vague cible des points de blocage bien connus des entreprises, régulièrement pointés dans le rapport 2024 sur la compétitivité provinciale.

"C’est une réforme d’une portée exceptionnelle. En moins d’un mois, nous avons déjà tenu nos engagements en matière de simplification des procédures et des conditions d'accès aux activités commerciales, conformément aux directives du Premier ministre", résume Nguyên Thanh Tinh, vice-ministre de la justice.

Des effets immédiats sur le terrain

Cette accélération ne reste pas cantonnée aux textes. Elle se traduit déjà, concrètement, pour les acteurs économiques.

Pour les entreprises, alléger les procédures et les conditions d'accès aux marchés, c'est directement réduire les coûts. Des règles plus claires et des délais raccourcis permettent de décider plus vite, et donc de mieux s'adapter à la concurrence. Des entrepreneurs le disent sans détour:

"Quand les conditions sont claires et simplifiées, on réduit les risques, on évite les dépenses informelles, et surtout, on ne dépend plus de décisions arbitraires", dit une personne.

"Des procédures allégées, c’est moins de coûts et plus de vitesse: nouveaux produits, nouveaux circuits. Le signal est clair — l’État devient un partenaire qui agit vite et avec détermination", partage une autre.

Pour les citoyens, moins de démarches et moins de contacts directs avec l'administration, c'est aussi moins de risques de tracasseries ou de petite corruption — et un service public de meilleure qualité.

Pour l'économie dans son ensemble, l'enjeu est de libérer la circulation des ressources. Quand les barrières réglementaires tombent, les capitaux, les idées et les capacités productives peuvent circuler plus librement et plus efficacement. C'est la condition sine qua non pour atteindre les objectifs de croissance ambitieux fixés pour les années à venir.

Et au-delà des chiffres, ces décisions restaurent quelque chose d'essentiel: la confiance — celle des entreprises dans leur environnement, celle des citoyens dans leur administration.

Dans un contexte mondial incertain, viser une croissance à deux chiffres reste un défi de taille. Mais les faits parlent d'eux-mêmes: lorsque la réforme institutionnelle prend sa juste place comme levier stratégique, elle devient le déclencheur de la croissance. Non pas une réponse conjoncturelle, mais la voie incontournable vers un développement durable et ambitieux pour le Vietnam.