Ces décisions visent à renforcer la capacité de direction du Parti et l'efficacité de l'appareil d'État, à unifier la gouvernance de l'espace de développement afin de mieux mobiliser les ressources nationales, à faire émerger un nouveau modèle de développement fondé sur la productivité, le savoir, la technologie et le capital humain, enfin, à accroître les capacités de prévention, de résilience et d’adaptation du pays, tout en garantissant fermement sa souveraineté.

Les treize dossiers examinés lors de la 3ᵉ session du Comité central du Parti du XIVᵉ mandat couvrent des domaines variés, mais convergent vers un objectif commun: renforcer les capacités de direction, de gouvernance, d'action, de développement et de défense du pays dans la nouvelle conjoncture. Chaque décision devra placer au premier plan l'intérêt national, les droits et intérêts légitimes de la population, ainsi que les bénéfices durables pour le pays.

Vers une gouvernance efficace

Selon le secrétaire général et président Tô Lâm, la réorganisation de l’appareil d'État a permis d'alléger les structures. Mais ce n'est qu'une première étape.

“L’objectif est de renforcer l’efficacité de la direction du Parti, d’améliorer la gouvernance de l'État, d’accélérer le fonctionnement de l’administration et d’offrir de meilleurs services à la population, tout en augmentant son niveau de vie. Cette transformation devra s'appuyer sur une discipline rigoureuse, une organisation plus claire, un contrôle renforcé du pouvoir et une responsabilisation accrue. La qualité des décisions, leur mise en œuvre effective et la confiance de la population en seront les principaux critères d’évaluation”, affirme-t-il.

Le rapport dressant le bilan d'un an de fonctionnement du nouveau modèle d'organisation du système politique et de l'administration locale à deux niveaux, ainsi que le rapport sur les travaux d'édification du Parti et du système politique au premier semestre et les priorités pour le reste de 2026, devront permettre d'évaluer concrètement le fonctionnement du système politique après sa réorganisation. L'objectif est de vérifier si l'administration fonctionne de manière plus fluide, si les compétences et les responsabilités sont clairement définies, si les décisions sont prises rapidement et efficacement, et si les citoyens comme les entreprises bénéficient d'un meilleur service.

Selon le secrétaire général et président Tô Lâm, la décentralisation doit aller de pair avec le transfert des compétences, des ressources, des données, des ressources humaines, des outils nécessaires et des mécanismes de contrôle du pouvoir. Les provinces doivent se concentrer sur la planification et la coordination, tandis que les communes doivent être en mesure de régler les affaires au plus près de la population. Les cadres seront évalués sur leurs qualités, leurs compétences, leurs résultats, le respect des délais et leur crédibilité. Les dirigeants devront assumer pleinement leurs responsabilités.

Abordant la gouvernance unifiée du développement et la mobilisation des ressources nationales, Tô Lâm a estimé que les frontières administratives ne devaient pas limiter la vision du développement.

“Les terres, les espaces maritimes, les zones urbaines, les infrastructures, les ressources naturelles et les données doivent être considérés comme un ensemble cohérent, organisé selon une stratégie nationale, les atouts de chaque région et l'intérêt général. L'objectif est d'ouvrir de nouveaux espaces de développement, d'orienter les ressources vers les secteurs les plus efficaces, de mieux concilier les intérêts de l'État, des citoyens et des entreprises, et de transformer les atouts locaux en une véritable force nationale. Le Comité central doit redéfinir la gestion foncière en passant d’une approche centrée sur chaque parcelle à une gestion globale de l’espace, d’une logique essentiellement administrative à une meilleure mobilisation des ressources, et d’une politique d’indemnisation des biens à une véritable reconstruction des conditions de vie, garantissant aux personnes concernées un logement, des moyens de subsistance et un niveau de vie au moins équivalent, voire supérieur”, souligne-t-il.

Un nouveau modèle de développement fondé sur la productivité, le savoir et la technologie

S'agissant du projet de réforme du modèle de développement du Vietnam, le secrétaire général et président, Tô Lâm, a insisté sur un impératif: le texte doit répondre à une question de fond, celle de savoir comment le pays créera durablement de la richesse et renforcera sa compétitivité

“À long terme, le Vietnam devra faire évoluer son modèle de croissance en réduisant sa dépendance au capital, aux ressources naturelles, à la sous-traitance et à une main-d'œuvre à bas coût, pour miser sur la productivité, le savoir, les données, les technologies, l'innovation, des ressources humaines hautement qualifiées et une gouvernance moderne. L'objectif est de bâtir une économie indépendante, autonome et pleinement intégrée à l'économie mondiale. Il est essentiel de mieux articuler le rôle de l'État et celui du marché dans la mobilisation et l'allocation des ressources. L'économie publique devra conserver son rôle moteur, tandis que le secteur privé est appelé à devenir l'un des principaux moteurs de la croissance. Les investissements étrangers devront, quant à eux, contribuer au transfert de technologies et au renforcement des capacités nationales. La science, les technologies, l'innovation, la transformation numérique et l'intelligence artificielle doivent devenir de véritables leviers de productivité, de qualité, de création de valeur et de compétitivité”, explique-t-il.

Pour Tô Lâm, le développement ne se résume pas à la croissance économique. Il doit permettre d'accroître la richesse nationale, de bâtir une société plus juste et de favoriser le plein épanouissement de chacun. La croissance ne saurait se faire au prix d'inégalités accrues ou de l'exclusion des plus vulnérables. En définitive, le véritable critère de réussite reste l'amélioration de la qualité de vie, des perspectives de développement et du bien-être de la population.

Dans un contexte mondial marqué par des risques de plus en plus imbriqués et des effets en cascade, Tô Lâm a estimé que la sécurité ne pouvait plus être pensée de manière sectorielle, pas plus que les questions environnementales ne pouvaient être traitées une fois les dommages survenus. La stratégie de sécurité nationale, tout comme le bilan de plusieurs textes stratégiques, devra désormais s'inscrire dans une approche globale conciliant protection et développement du pays. Tô Lâm a également appelé à passer d'une logique de réaction à une logique de prévention, fondée sur une meilleure anticipation des risques, afin de renforcer la résilience du pays face aux menaces traditionnelles comme aux nouveaux défis. Il a également plaidé pour une meilleure coordination entre la défense, la sécurité, la diplomatie et l'intégration internationale, afin de soutenir le développement du pays et de renforcer la position du Vietnam sur la scène régionale et internationale.