Elle intervient dans un contexte international marqué par de nombreux défis. Les tensions géopolitiques s’intensifient, tandis que les enjeux liés aux technologies et au climat prennent une ampleur croissante. Réduire les divergences entre les pays constitue ainsi l’un des principaux défis de cette semaine de haut niveau.
Placée sous le thème «Rétablir la confiance, gérer la transformation: une Organisation des Nations unies au service de tous», la semaine de haut niveau qui réunit des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, doit notamment montrer que le multilatéralisme peut encore déboucher sur des résultats concrets grâce au dialogue et à la coopération.
Changer pour préserver le multilatéralisme
La paix et la sécurité mondiales restent au cœur des discussions de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU. Les conflits qui se prolongent en Ukraine, au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde continuent de peser sur la stabilité internationale. Ils fragilisent également la confiance dans la capacité des institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, à préserver l’ordre international et à favoriser des solutions aux crises.
Selon les observateurs, les efforts visant à rétablir cette confiance se heurtent toutefois aux divisions qui persistent au sein même de l’ONU, notamment entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui disposent du droit de veto.
À l’approche de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, le secrétaire général de l’Organisation, Antonio Guterres, a reconnu que le monde était confronté à de profondes divisions géopolitiques et à une paralysie du Conseil de sécurité. L’ONU doit donc évoluer afin de mieux répondre aux réalités géopolitiques actuelles.
“Les dirigeants du monde entier se réunissent aux Nations unies dans une période marquée par une profonde incertitude. Dans le même temps, l’équilibre des pouvoirs évolue. Le monde change, et nos institutions doivent elles aussi évoluer. Mais adapter nos institutions ne signifie pas renoncer à nos principes. Au contraire, cela nous oblige à les défendre et à les faire vivre avec encore plus de détermination”, a-t-il souligné.
Pour redonner un nouvel élan au multilatéralisme, plusieurs pays ainsi que l’Union européenneont organisé, le 21 septembre, en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Sommet du Partenariat pour le multilatéralisme, le droit international, la paix et la prospérité (P4M). À l’issue de la rencontre, les participants sont convenus de lancer une initiative destinée à renforcer le multilatéralisme, en réunissant des pays de différents continents.
“Pour faire avancer le multilatéralisme, nous devons renforcer à la fois notre engagement en sa faveur et sa mise en œuvre. Il est donc essentiel de réformer le système multilatéral. Le moment est venu d’ouvrir davantage les discussions à tous les pays et de rendre les processus de décision plus transparents», a déclaré le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar.
Sur le front de la paix et de la sécurité internationales, la présence du président iranien Masoud Pezeshkian figure également parmi les faits marquants de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU. Il est le plus haut responsable iranien à se rendre aux États-Unis depuis le déclenchement, fin février dernier, du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Aucun contact direct entre de hauts responsables américains et iraniens n’a pour l’heure été annoncé. Mais la présence de Masoud Pezeshkian, qui défend une ligne relativement modérée et s’est à plusieurs reprises prononcé en faveur de solutions diplomatiques au conflit entre Washington et Téhéran, intervient alors que la possibilité de nouveaux échanges entre les deux parties est évoqué.
Gouvernance des technologies et développement durable
Au-delà de la paix et de la sécurité, plusieurs autres dossiers figurent à l’agenda de la semaine de haut niveau de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU: la gouvernance mondiale des technologies, notamment de l’intelligence artificielle (IA), l’accélération de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), la lutte contre le changement climatique, la préparation aux pandémies ou encore le respect des engagements en matière de désarmement nucléaire.
Parmi ces priorités, la gouvernance mondiale des technologies apparaît comme un enjeu particulièrement urgent. Il s’agit à la fois de tirer parti des mégadonnées et de l’IA, d’en limiter les risques et de réduire la fracture numérique entre les pays. La 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU se tient alors que les inquiétudes autour de l’IA prennent de l’ampleur, après les mises en garde de plusieurs responsables du secteur technologique américain appelant à ralentir son développement pour éviter qu’elle ne fasse peser des risques majeurs sur l’humanité.
Ces préoccupations rejoignent les appels lancés par l’ONU en faveur de garde-fous juridiques et éthiques, destinés à garantir que l’humanité conserve le contrôle ultime de l’IA. Mais pour y parvenir, les États membres devront surmonter de nombreux désaccords, notamment ceux liés aux rivalités géopolitiques.
“C’est un enjeu mondial. L’IA ne connaît pas de frontières. Certains pays disposent de technologies très avancées, mais ce sont aussi ceux qui sont exposés aux plus grands risques. Si la compétition prend le dessus, nous risquons de nous engager dans une course au détriment de la sécurité, chacun cherchant à devancer les autres”, a averti Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.
Les Objectifs de développement durable figurent eux aussi parmi les grandes priorités. Il ne reste que quatre ans pour atteindre les 17 objectifs fixés par l’Agenda 2030. Or, les derniers rapports de l’ONU montrent que les progrès ralentissent sur plusieurs d’entre eux. Il est donc urgent de replacer les objectifs de développement durable au cœur des engagements et de l’action des États, comme l’a souligné le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Khalilur Rahman.
“Plus de dix ans après son lancement, cette vision a déjà permis d’améliorer concrètement la vie de millions de personnes à travers le monde. Près d’un milliard de personnes ont désormais accès à une eau potable gérée en toute sécurité, tandis que 1,2 milliard bénéficient de services d’assainissement sûrs. Aujourd’hui, l’électricité est accessible à 90% de la population mondiale, dont un tiers grâce aux énergies renouvelables”, précise-t-il.
Enfin, au-delà des grands dossiers politiques, la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU pourrait marquer une étape importante dans la transformation de l’ONU. L’Assemblée générale doit se pencher sur la réforme de l’Organisation et engager le processus de sélection de son prochain secrétaire général. Une autre perspective historique se dessine: pour la première fois, une femme pourrait être choisie pour diriger l’ONU, une option qui recueille un soutien croissant.
