Le HCI+ offre une lecture plus complète du niveau d’investissement dans le capital humain et de son efficacité dans chaque pays. L’indicateur ne mesure pas seulement le potentiel créé par l’éducation et la santé, il évalue également la manière dont ce potentiel se traduit en résultats économiques concrets, notamment en matière d’emploi et de revenus.
L’indice prend en compte plusieurs dimensions essentielles: la qualité de l’éducation et les acquis scolaires, la santé et l’espérance de vie, la participation au marché du travail, l’utilisation des compétences dans l’économie, ainsi que les pertes de capital humain lorsque ces compétences ne sont pas pleinement mobilisées.
Un indicateur tangible de compétitivité
Selon la Banque mondiale, le Vietnam se distingue particulièrement dans trois domaines: l’éducation, l’emploi et l’efficacité dans l’utilisation du capital humain.
Le pays continue en effet d’afficher de solides résultats dans les évaluations internationales des performances scolaires, signe d’une amélioration durable et relativement homogène de l’enseignement de base.
Le rapport souligne également une nette progression de l’emploi salarié, révélatrice d’un transfert positif de la main-d’œuvre du secteur informel vers des activités plus productives.
En matière d’efficacité, le Vietnam figure parmi les pays qui parviennent le mieux à transformer les investissements consacrés à l’éducation et à la santé en croissance économique réelle, au-delà de la moyenne observée dans les économies de revenu comparable.
Cette reconnaissance internationale reflète les efforts du gouvernement, des ministères et des collectivités locales pour mettre en œuvre les orientations du Parti communiste vietnamien quant à l’amélioration de la santé publique et au développement d’une main-d’œuvre hautement qualifiée à l’horizon 2030.
La ministre de la Santé, Dào Hông Lan, a notamment mis en avant les avancées enregistrées dans son domaine.
«Le ministère de la Santé, en coordination avec le ministère de la Sécurité publique et l’Assurance sociale du Vietnam, a déployé 34,3 millions de carnets de santé électroniques sur l’application VNeID. L’une des missions essentielles de la résolution 72 du Bureau politique consiste à mettre en place un programme de bilans de santé périodiques, avec pour objectif à terme la gratuité des soins de base. Toutes les bases juridiques nécessaires à la mise en œuvre de ces examens ont désormais été intégrées dans le décret d’application de la loi sur la prévention sanitaire», a-t-elle précisé.
Le capital humain, levier de la compétitivité nationale
Au-delà de l’éducation et de la santé, la performance du Vietnam dans le classement de l’Indice élargi du capital humain HCI+ 2026 reflète aussi la capacité des finances publiques à convertir les investissements budgétaires en résultats mesurables.
Le pays est ainsi considéré comme l’un de ceux qui transforment le plus efficacement les dépenses publiques dans l’éducation et la santé en gains économiques concrets. La qualité de cette dépense publique, conjuguée aux progrès éducatifs, illustre l’efficacité d’une politique budgétaire accordant une place croissante à l’investissement dans le savoir.
Parallèlement, la Banque mondiale note une forte progression de l’emploi salarié au Vietnam, signe d’une meilleure adéquation entre les ressources consacrées à la formation et les besoins réels d’un marché du travail de plus en plus productif.
À l’heure où la compétition mondiale repose de plus en plus sur la connaissance et la technologie, le capital humain tend à supplanter les ressources naturelles comme principal déterminant de la compétitivité d’un pays.
Pour le Vietnam, les résultats du HCI+ 2026 suggèrent plusieurs orientations. Les investissements dans l’éducation et la santé doivent être maintenus, mais l’accent doit désormais porter davantage sur la qualité de la formation et son adéquation avec les besoins du marché du travail.
Il ne s’agit plus seulement de former davantage, mais de former mieux, en développant les compétences recherchées dans les secteurs de la technologie, de la transition numérique et de l’innovation.
L’amélioration de l’information sur le marché du travail, le renforcement de la formation professionnelle et une meilleure mobilité entre secteurs à productivité inégale apparaissent également comme des priorités.
Le secteur privé a lui aussi un rôle central à jouer dans cette dynamique. Les entreprises ne sont plus seulement des employeurs, elles deviennent des lieux de formation continue, de montée en compétences et d’innovation.
Dans la perspective du développement des industries de haute technologie et de l’économie numérique, la capacité des entreprises à absorber et à valoriser les talents déterminera largement l’avantage que le pays pourra tirer de son capital humain.
Le fait que le Vietnam figure parmi les pays en tête du HCI+ envoie enfin un signal fort sur son modèle de développement: le pays démontre progressivement que l’investissement dans l’être humain peut devenir un avantage compétitif durable. Une stratégie exigeante, qui suppose du temps et de la constance, mais qui offre des résultats plus solides et plus durables pour l’avenir national.
