Son discours prononcé lors de la réunion sur la mise en œuvre de la Résolution n°6 du Comité central a révélé des orientations précises pour la politique étrangère du pays dans les années à venir.
Adoptée en mai dernier suite au XIVe Congrès du Parti, la Résolution n°6 prolonge l’esprit de la Résolution n°59 de 2025 sur l’intégration internationale, et marque une avancée concrète dans la pensée diplomatique du Vietnam. Elle fixe comme objectif de développer une diplomatie à la hauteur de la stature historique, culturelle et géopolitique du pays.
Les grandes orientations des affaires étrangères vietnamiennes
Le Dr. Nguyên Hông Hai, assistant professeur à la VinUniversity et professeur invité à l’université Sunshine Coast d’Australie, a retenu cinq grandes orientations pour la diplomatie et les affaires étrangères du pays, ainsi que quatre enjeux majeurs dans leur mise en œuvre. D’après lui, le discours du secrétaire général et président Tô Lâm trace une ligne directrice pour l’action diplomatique, intégrée dans les objectifs stratégiques de développement national à l’horizon 2045.
«Je résumerais cette vision en quatre termes: Premièrement, l’autonomie stratégique; deuxièmement, un développement résilient et autonome; troisièmement, l’élévation du statut international; et enfin, la responsabilité contributive. L’innovation réside ici dans l’élévation du statut du Vietnam. Cela reflète une nouvelle posture, une confiance accrue du pays après quarante années de Renouveau et de développement. Nous sommes prêts à affirmer et à renforcer notre position sur la scène internationale. La réalisation de ces objectifs doit s’inscrire dans une approche globale et interconnectée, sans cloisonnement», analyse-t-il.
Un autre point saillant du discours a été la qualification de la diplomatie comme une mission «essentielle et permanente», placée sur le même pied que la défense et la sécurité nationales. Selon le Dr. Nguyên Hông Hai, cette élévation témoigne d’une vision stratégique des dirigeants du Parti et de l’État.
«Les analyses et orientations directives du secrétaire général et président ne se limitent pas à une approche exhaustive, mais révèlent également une pensée stratégique pour la diplomatie de cette nouvelle ère. Le fil conducteur qui m’a le plus marqué est l’esprit d’autonomie stratégique et de résilience nationale dans un contexte mondial en mutation. Cependant, autonomie et résilience ne signifient pas un repli sur soi ou un isolement du monde et de la communauté internationale. Au contraire, nous devons nous intégrer davantage, en tant que membre responsable de la gouvernance politique, économique et civilisationnelle mondiale», souligne-t-il.
La compétition, une nécessité inéluctable
Dans son discours, le plus haut dirigeant vietnamien a reconnu l’inévitabilité de la compétition. Selon le Dr. Nguyên Hông Hai, cette prise de conscience permet d’éclairer la ligne diplomatique nationale et les méthodes de sa mise en œuvre.
«Pour préserver la souveraineté nationale et protéger l’espace vital du pays, en tant que partie intégrante du monde, nous devons agir de manière proactive. Cela implique de participer activement à la création et à la définition des règles du jeu international, ainsi qu’à la construction de mécanismes garantissant leur application efficace, dans l’intérêt national. Ainsi, je considère que cette approche est juste et que cette orientation, issue d’une évolution de la pensée, contribuera à concrétiser les objectifs fixés par le XIVe Congrès du Parti. Cela obéit également à une loi universelle: se développer pour protéger le pays et protéger le pays en se développant», explique-t-il.
Le discours du secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, ouvre donc une nouvelle perspective. La diplomatie n’est plus seulement un outil de défense des intérêts nationaux, mais aussi une force pionnière pour façonner un environnement pacifique, élargir les espaces de développement, élever le statut du pays et participer à l’élaboration des règles communes de la gouvernance mondiale.
