Invité par le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République Tô Lâm, il effectue son premier déplacement au Vietnam depuis les élections générales et la formation du nouveau gouvernement birman en avril dernier. Alors que le Myanmar s’engage dans une nouvelle étape politique et que le Vietnam accélère sa transformation économique, cette visite offre à Hanoï et à Naypyidaw l’occasion de donner un nouvel élan à leur partenariat.

Des liens au fondement solide…

Les relations entre les deux pays reposent sur une histoire ancienne. Le Vietnam avait ouvert une représentation permanente à Yangon dès 1947, avant même l’établissement officiel des relations diplomatiques en 1975. Les visites du Premier ministre birman U Nu au Vietnam en 1954 et du Président Hô Chi Minh au Myanmar en 1958 avaient contribué à rapprocher les deux nations.

Plus d’un demi-siècle plus tard, cette proximité historique reste un atout. Elle s’appuie notamment sur des expériences communes de lutte pour l’indépendance et sur des liens de solidarité noués au fil des décennies, comme nous le fait remarquer l’ambassadeur du Vietnam au Myanmar, Nguyên Anh Duc.

«Le Vietnam et le Myanmar entretiennent des relations de solidarité et d’amitié traditionnelles depuis les premières années de l’indépendance du Vietnam. Les deux pays ont officiellement établi leurs relations diplomatiques en 1975. Ils ont ensuite élevé leurs relations au niveau de partenariat de coopération globale lors de la visite officielle au Myanmar du secrétaire général Nguyên Phu Trong en 2017», rappelle-t-il.

Depuis, la coopération s’est diversifiée. Elle concerne notamment la défense et la sécurité, la culture, l’éducation, le tourisme et les échanges entre les populations. Les relations entre les deux partis au pouvoir et entre les deux parlements se sont également développées.

Mais c’est surtout sur le terrain économique que les deux pays disposent encore d’une marge de progression importante.

Les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 590 millions de dollars en 2025 et environ 335 millions de dollars au premier semestre 2026. Le Vietnam est aujourd’hui le septième investisseur étranger au Myanmar, avec des projets dans les télécommunications, la banque, l’immobilier, la construction, l’industrie et l’agriculture.

… appelés à se renforcer pour les intérêts communs

Ces chiffres restent toutefois modestes au regard du potentiel des deux économies. Le Myanmar dispose d’un marché de plus de 51 millions d’habitants, de ressources naturelles importantes et d’une main-d’œuvre jeune. Il doit répondre à d’importants besoins en infrastructures, en biens de consommation et en investissements.

Pour les entreprises vietnamiennes, cette situation ouvre des perspectives dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, les télécommunications, les véhicules électriques, les technologies, les infrastructures et les biens de première nécessité.

L’enjeu sera donc désormais de transformer les liens politiques en projets économiques concrets.

Pour Nguyên Anh Duc, cette nouvelle étape doit reposer sur quatre priorités.

«Les relations entre les deux pays entrent aujourd’hui dans une nouvelle phase. Nous devons nous concentrer sur quatre grandes orientations. Premièrement, renforcer la confiance politique. Deuxièmement, développer la coopération économique et commerciale, notamment dans l’agriculture, les télécommunications et la production de véhicules électriques. Troisièmement, renforcer les échanges entre les populations, le tourisme et les liaisons aériennes directes. Quatrièmement, coordonner étroitement nos positions dans les forums régionaux et internationaux, notamment au sein de l’ASEAN et dans la sous-région du Mékong», précise-t-il.

Aussitôt après le tremblement de terre de mars 2025, le Vietnam avait rapidement envoyé des secouristes et de l’aide matérielle au Myanmar. Notre pays est aujourd’hui prêt à soutenir le Myanmar dans ses efforts de reconstruction.

«Cette visite est très importante. Elle doit non seulement renforcer la confiance politique et élargir la coopération bilatérale, mais aussi confirmer le rôle actif et responsable du Vietnam et de l’ASEAN dans le soutien au Myanmar, en faveur de la paix, de la stabilité et du développement durable. Je suis convaincu que cette visite sera couronnée de succès et donnera un nouvel élan au partenariat de coopération globale entre le Vietnam et le Myanmar, afin qu’il devienne plus concret et apporte des bénéfices tangibles aux populations des deux pays», ajoute Nguyên Anh Duc.

Pour le Vietnam, l’objectif est ainsi double: préserver une relation traditionnelle et l’adapter aux nouvelles réalités économiques et régionales.

Pour le Myanmar, qui entame une nouvelle phase après les élections et la formation d’un nouveau gouvernement, le renforcement des relations avec ses partenaires traditionnels peut également contribuer à élargir ses possibilités de coopération et de développement.