Depuis l’embarcadère Hoàng Long, à environ 200 mètres en aval du pont Hàm Rông, le bateau quitte lentement la rive.
Depuis le bateau, Thanh Hoa se dévoile sous un autre angle. Les routes familières cèdent la place au fil de l’eau. Au loin se dessine le pont Hàm Rông, associé à certains des épisodes les plus marquants de la guerre. Sur les deux rives s’étendent villages, bancs alluviaux, sites historiques et paysages qui ont traversé les générations.
Lancé en 2015, «Remonter et descendre le fleuve Ma» est le premier circuit fluvial de Thanh Hoa. Le fleuve en constitue le fil conducteur et relie des sites comme l’ancien village de Dông Son, le monastère bouddhique Truc Lâm Hàm Rông ou encore le temple de Cô Bo.
Pour les visiteurs, et notamment pour Trân Thinh Thuong, cette découverte permet de relier des lieux qui, vus depuis la terre, semblent appartenir à des univers différents. Depuis le fleuve, ils composent au contraire un même paysage culturel.
«Les paysages naturels de Thanh Hoa sont très bien préservés. Les sites retenus dans ce circuit, comme le temple de Cô Bo ou le monastère Truc Lâm, sont particulièrement remarquables. Ils permettent aux visiteurs de mieux découvrir les valeurs culturelles et historiques de la région», note-t-il.
Mais le fleuve Ma ne se découvre pas seulement avec les yeux. À bord, la culture de Thanh Hoa se décline aussi en musique, en chants et en saveurs.
Poissons de rivière, soupe aigre ou encore crevettes roulées dans des feuilles de rau má…, les produits familiers de la région trouvent une nouvelle expression dans la cuisine proposée aux visiteurs.
Venue de Hung Yên, Hoàng Thi Lan Anh a adoré.
«Ce qui m’a le plus marquée, ce sont les plats qui portent vraiment l’identité de la région. Les crevettes de rivière, le poisson bống et la soupe aigre sont délicieux. Les crevettes roulées dans les feuilles de rau má, servies avec de la moutarde, offrent une saveur vraiment particulière qui reste longtemps en bouche», raconte-t-elle.
Si la cuisine fait découvrir les saveurs du fleuve, les chants en racontent la mémoire.
Depuis des siècles, le chant des bateliers du fleuve Ma accompagne les embarcations qui remontent ou descendent le fleuve, au rythme des rames et du travail des populations riveraines. Tantôt lent et posé lorsque le bateau suit le courant, tantôt plus énergique lorsqu’il faut affronter les eaux, ce chant de travail est devenu l’une des expressions emblématiques de la culture de Thanh Hoa.
À la tombée de la nuit, le fleuve change encore de visage. Le bateau quitte le quai tandis que les lumières de la ville se reflètent sur l’eau. À bord, les visiteurs peuvent dîner, écouter les chants traditionnels, assister à des spectacles et participer à un lâcher de lanternes flottantes.
D’une simple promenade fluviale en journée à une expérience culturelle au fil de l’eau après la tombée de la nuit, «Remonter et descendre le fleuve Ma» propose ainsi une autre manière de valoriser le patrimoine local.
Le fleuve n’est plus seulement un paysage à contempler. Il devient un espace où se rencontrent histoire, culture, gastronomie et mémoire vivante.
