À l’heure où les exigences sur l’origine des produits, l’environnement, le droit du travail et le développement durable se renforcent, la capacité à traduire les engagements commerciaux en résultats concrets devient un enjeu majeur de compétitivité.

Haïphong en offre une illustration. En 2025, malgré une réorganisation administrative et les turbulences du commerce mondial, la ville a enregistré une croissance de 11,81 %. Ses échanges import-export ont atteint 91,72 milliards de dollars, dont 50,14 milliards à l’exportation.

Selon le FTA Index 2025, Haïphong arrive en tête du pays pour la mise en œuvre des accords de libre-échange. La ville a notamment choisi de placer les entreprises au centre de son action, avec une information plus ciblée et un traitement rapide des difficultés liées aux échanges internationaux.

«Il faut placer l’entreprise au centre et faire de son expérience un critère de réussite. Nous sommes passés d’une communication générale à un accompagnement ciblé, filière par filière, marché par marché. Une politique n’a de valeur que si l’entreprise peut y accéder, la comprendre et la transformer en commandes, en débouchés et en emplois», explique Hoàng Minh Cuong, vice-président du comité populaire de Haïphong.

L’enjeu ne se limite pas à l’ouverture des marchés. Pour Haïphong, il s’agit aussi de renforcer les capacités de production et de répondre aux nouvelles exigences internationales.

«À Haïphong, nous ne nous contentons pas d’ouvrir de nouveaux marchés. Nous cherchons aussi à renforcer nos propres capacités et à inscrire notre développement dans la durée. La ville mise sur les hautes technologies, les technologies propres, la production verte et une utilisation plus efficace de l’énergie. Nous accompagnons également les entreprises pour qu’elles respectent les règles d’origine et les normes environnementales, sociales et de traçabilité. Bénéficier d’avantages tarifaires, c’est une opportunité. Mais, à long terme, ce qui fera vraiment la différence, ce sera la qualité des produits, la maîtrise du numérique et la capacité des entreprises à bien gérer leurs chaînes d’approvisionnement », ajoute Hoàng Minh Cuong.

Même démarche à Thanh Hoa, troisième du classement national du FTA Index 2025. La province a intégré la mise en œuvre des ALE dans ses politiques de soutien aux entreprises, en misant sur la conquête de nouveaux marchés, la logistique, l’innovation technologique et la transparence sur l’origine des marchandises.

Doan Trong Thanh, chef adjoint du service de gestion de l’import-export au Département de l’industrie et du commerce de Thanh Hoa, explique:

«Dès la signature des accords, nous avons mis en place un plan d’action pour permettre aux entreprises de la province d’en tirer pleinement parti. Nous les accompagnons lorsqu’elles se lancent sur de nouveaux marchés ou lancent de nouveaux produits. Nous soutenons également leur développement et travaillons avec les compagnies maritimes internationales pour faciliter le transit des marchandises par le port de Nghi Son. Mais il ne s’agit pas seulement d’aider les entreprises à exporter davantage. Nous les accompagnons aussi dans la transformation de leurs modes de production, dans leurs investissements technologiques et, surtout, dans le respect des règles d’origine. C’est essentiel pour éviter les mesures de défense commerciale et pour pouvoir démontrer, en toute transparence, que leurs produits répondent bien aux exigences des marchés internationaux», précise-t-il.

L’expérience de Hai Phong et de Thanh Hoa montre que la mise en œuvre des accords de libre-échange devient une composante à part entière de la gouvernance économique locale.

«La mise en œuvre des accords de libre-échange doit faire partie intégrante de la stratégie de développement socio-économique. Ce ne doit plus être la seule affaire du ministère de l’Industrie et du Commerce ou de celui des Affaires étrangères. Chaque collectivité doit en faire une responsabilité directe de ses dirigeants», insiste le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc.

Les accords de libre-échange ne peuvent donc plus rester de simples engagements inscrits sur le papier. Ils doivent se traduire, territoire par territoire, en politiques concrètes et en mesures concrètes au service des entreprises. Lorsque les collectivités accompagnent réellement les entreprises, et que celles-ci investissent dans la qualité, la technologie et le respect des normes, les accords commerciaux prennent alors une dimension très concrète. Ils deviennent des marchés, des commandes et, à terme, un levier de compétitivité durable.