Dans cette dynamique, la coopérative Hanh Lê joue un rôle essentiel en reliant les producteurs aux entreprises et en créant de nouvelles sources de revenus pour les habitants. À sa tête, Nguyên Thi Hông Lê œuvre sans relâche à la transmission de son savoir-faire et à la promotion de cette activité, contribuant ainsi au développement durable de l’économie locale.
Née dans une famille d’agriculteurs, Nguyên Thi Hông Lê connaît bien les difficultés du monde rural. Elle a donc voulu développer une activité qui permette aux familles d’améliorer leurs revenus et de mieux vivre de leur travail sur leurs terres. C’est ainsi que la coopérative Hanh Lê a vu le jour et s’est progressivement développée. La coopérative dispose aujourd’hui d’un centre d’élevage de jeunes vers à soie de 150m² et de 2,5 hectares de mûriers destinés à la production. Chaque année, elle produit environ 200 feuilles d’œufs de vers à soie, ce qui permetd’obtenir plus de 2.000 lots de jeunes vers de qualité. Ces derniers sont ensuite distribués régulièrement aux membres de la coopérative et aux éleveurs des localités voisines.
À travers cette initiative, Nguyên Thi Hông Lê entend faire de la coopérative un véritable trait d’union entre des centaines d’agriculteurs et les entreprises, afin de leur garantir des débouchés durables et de contribuer au développement de l’économie locale.
“La culture du mûrier assure des revenus stables aux agriculteurs. De plus, l’entreprise leur achète directement les cocons à un prix élevé, pouvant atteindre 240.000 dôngs le kilo, soit environ 8 dollars. Les producteurs peuvent ainsi travailler en toute confiance. Les résultats obtenus à Trân Yên attirent également des agriculteurs d’autres localités, qui viennent s’inspirer de cette expérience”, confie-t-elle.
La coopérative Hanh Lê compte aujourd’hui 116 membres. Elle assure la liaison entre les producteurs et la société de la soie et de la sériciculture de Yên Bai, avec laquelle elle a signé des contrats d’achat direct. Grâce à cette garantie de débouchés, les cocons se vendent à un meilleur prix et la filière crée des emplois, permanents comme saisonniers. De quoi rassurer les agriculteurs et les encourager à poursuivre cette activité. Nguyên Thi Nhung, du hameau de Phuc Dinh, témoigne:
“Je travaille à la coopérative depuis neuf ans. J’ai un emploi régulier et je gagne entre 11 et 12 millions de dôngs par mois, ce qui me permet d’offrirune certaine stabilité financière à ma famille. Le travail n’est pas pénible et peut être exercé à tout âge”, dit-elle.
La coopérative Hanh Lê fournit à ses membres des jeunes vers à soie et de nouvelles variétés de mûriers de qualité. Elle les accompagne également en leur transmettant des techniques de production visant à améliorer la culture du mûrier et l’élevage du ver à soie. Dàm Thi Dân, habitante du hameau de Phuc Dinh, fait partie des 20 foyers qui ont bénéficié de cet accompagnement technique pour développer une activité séricicole plus efficace et rentable.
“Avant, la vie était très difficile. Depuis que nous nous sommes lancés dans la culture du mûrier et l’élevage des vers à soie, nos revenus sont devenus plus stables et nous vivons mieux. Les familles peuvent s’équiper et les conditions de vie s’améliorent réellement”, indique-t-elle.
La coopérative Hanh Lê mise sur l’agriculture verte et l’économie circulaire pour réduire les coûts de production tout en protégeant l’environnement. Elle a installé des cuves de compostage pour valoriser les tiges de mûrier après la taille. Broyées puis fermentées à l’aide de micro-organismes, elles sont transformées en engrais organique et réutilisées dans les champs. Cette démarche permet de limiter l’utilisation d’engrais chimiques et de préserver l’environnement. Pour tirer pleinement parti du potentiel de la sériciculture locale, la coopérative a également développé le tourisme expérientiel. Les visiteurs peuvent découvrir les différentes étapes de cette activité, de la cueillette des feuilles de mûrier à l’alimentation des vers à soie, jusqu’au filage et au tissage de la soie. Cette diversification contribue à accroîtreles revenus de la coopérative, qui réalise chaque année près de 2 milliards de dôngs de chiffre d’affaires (75.000 dollars), pour un bénéfice d’environ un milliard de dôngs (plus de 35.000 dollars). Nguyên Thi Nga, présidente de l’association des agriculteurs de la commune de Trân Yên, indique:
“La coopérative Hanh Lê est un modèle de réussite. À Trân Yên, où la culture du mûrier occupe une place importante, elle fournit à ses membres des jeunes vers à soie de qualité et de nouvelles variétés de mûriers. Elle les accompagne également dans l’application des techniques modernes à la culture du mûrier et à l’élevage des vers à soie. Ces efforts permettent d’augmenter la production de cocons, d’améliorer la qualité des feuilles de mûrier et, ainsi, d’accroître les revenus des habitants locaux”, dit-elle.
Pour sa contribution au développement économique local, Nguyên Thi Hông Lê a reçu en 2025 un certificat de méritedu Premier ministre pour son engagement dans la construction de la nouvelle ruralité. Cette année, elle figure parmi les trois agriculteurs de la province de Lào Cai distingués au titre des «Agriculteurs vietnamiens exemplaires des 40 années de Renouveau».
