Engagé dans l'armée en février 1985, Nguyên Van Chà est envoyé au Cambodge dans le cadre de la mission internationale du Vietnam. Deux ans plus tard, en juin 1987, il est grièvement blessé par l'explosion d'une mine lors d'une opération. Il perd une jambe et est atteint par de multiples éclats. Après près de trois années de soins et de rééducation, il retrouve la vie civile avec un taux d'invalidité de près de 80 %.

Après son mariage avec Nguyên Thi Huong, le couple s'installe dans la région forestière d'U Minh pour y reconstruire sa vie. L'État lui attribue près de sept hectares de terres, dont cinq de forêt et deux destinés à l'agriculture. Les débuts sont pourtant difficiles. Les sols, fortement acides, compliquent les cultures, tandis que leurs deux jeunes enfants tombent souvent malades. De son côté, Nguyên Van Chà continue de souffrir des séquelles de ses blessures, qui se rappellent à lui à chaque changement de temps.

“Ma femme et moi faisions tout ce que nous pouvions pour gagner notre vie. La journée, nous travaillions dans les champs, en coupant l’herbe ou en plantant le riz pour d’autres. Le soir, nous partions pêcher. Nous coupions aussi du bois pour le vendre”, se souvient-il.

Fidèle à l'esprit des soldats de l'Oncle Hô, Nguyên Van Chà n'a jamais baissé les bras. Aux côtés de son épouse, il a patiemment défriché les terres, arraché les souches, remblayé les zones les plus basses pour y cultiver le riz, avant de reboiser une partie des parcelles. Amputé d'une jambe, cet ancien combattant continue de travailler sans relâche, suscitant le respect et l'admiration de tous ceux qui le connaissent.

À force de persévérance, le couple est parvenu à transformer ces terres acides en une source de revenus durable. Aujourd'hui, la famille exploite près de cinq hectares de plantations d'acacias hybrides et de cajeputiers. Nguyên Van Chà met également à profit les digues qui bordent ses parcelles pour planter des bananiers et cultiver des pousses de bambou, afin de diversifier ses revenus. Son épouse, de son côté, tient une petite épicerie qui contribue au budget familial.

Grâce à leur travail acharné, le couple génère aujourd'hui plusieurs centaines de millions de dôngs de revenus chaque année.

“Avec les bananiers, rien ne se perd: même les feuilles et les fleurs peuvent être vendues. Grâce à la culture des bananes, du riz, des cajeputiers et à d’autres activités agricoles, ma famille gagne aujourd’hui environ 300 millions de dôngs par an (plus de 11.000 dollars)”, confie-t-il.

Aujourd'hui, la famille de M. Chà vit dans de bien meilleures conditions. Au-delà du développement de son exploitation, il s'investit activement dans la vie de sa commune, notamment dans le programme de développement de la nouvelle ruralité.

“Monsieur Chà a toujours fait preuve d’une grande volonté pour améliorer la vie de sa famille. À force de travail et de persévérance, il a su valoriser ses terres, développer ses cultures et entretenir son jardin, améliorant progressivement ses revenus et les conditions de vie de son foyer. Très impliqué dans la vie de sa commune, il participe également avec enthousiasme aux activités de l’Association et aux mouvements locaux”, témoigne Hô Minh Quyên, président de l'Association des anciens combattants du hameau 10, dans la commune de Nguyên Phich.

En juillet 2024, Nguyên Van Chà a été désigné comme l'un des quatre représentants de la province de Cà Mau pour participer à la Conférence nationale d'hommage aux personnes ayant servi la nation, organisée à Hanoï.