Passionné par l’art de la sculpture traditionnelle, Son Thanh Tuân a passé plus de vingt ans dans les pagodes bouddhistes Theravada khmères. Au fil des années, au contact des motifs et des ornements qui décorent ces lieux de culte, il a peu à peu découvert sa vocation. Pour apprendre le métier, il a parcouru de nombreuses pagodes de la région afin d’observer le travail des artisans et de se former à leurs côtés. Une fois son savoir-faire acquis, il a quitté la vie monastique pour se consacrer pleinement à la sculpture.

“Depuis mon enfance, j’ai toujours été attiré par les motifs et les ornements des pagodes. Mon père m’a transmis les premières notions, puis, au cours de mes années de vie monastique, j’ai commencé à apprendre la sculpture khmère de manière plus approfondie. Je pense que ce métier est encore plus difficile à maîtriser que l’écriture khmère. Pour mémoriser les motifs et savoir les reproduire, il faut apprendre à dessiner et s’exercer quotidiennement. Il m’a fallu entre trois et quatre ans pour acquérir les bases du métier. Mon premier chantier a été à la pagode Pothisatharam où j’ai participé à la réalisation des sculptures du sanctuaire principal. Depuis, je n’ai jamais quitté cette profession. Même après avoir quitté la vie monastique, je continue à travailler pour les pagodes khmères”, se souvient Son Thanh Tuân.

La sculpture khmère est un art exigeant qui demande beaucoup de patience, de précision et de savoir-faire. Son Thanh Tuân réalise des motifs traditionnels ainsi que des figures emblématiques de la culture khmère, comme l’oiseau sacré Krud, le monstre Yeak ou les danseuses célestes Apsara. Il travaille sur différents matériaux, notamment le bois, la pierre et le ciment. Passionné par les motifs et les ornements traditionnels de son peuple, il cherche sans cesse à apprendre et à perfectionner sa technique. Grâce à sa persévérance, il maîtrise aujourd’hui plusieurs disciplines, allant de la sculpture sur bois et sur ciment au moulage de motifs décoratifs et à la peinture ornementale.

“Je travaille principalement dans la sculpture de motifs décoratifs. Avant, lorsque nous n’avions pas encore de téléphone portable, je me rendais dans les pagodes pour observer le travail des artisans et apprendre à leurs côtés. Aujourd’hui, grâce à Internet, je découvre de nouveaux motifs et de nouvelles techniques. Cela me permet d’enrichir mon savoir-faire et de rendre mes créations toujours plus belles et plus vivantes”, précise-t-il.

Son Thanh Tuân exerce son métier avec passion et transmet également son savoir-faire à de jeunes passionnés de l’art traditionnel khmer. Par cet engagement, il contribue à préserver et à faire vivre ce précieux héritage culturel.

“Monsieur Tuân maîtrise très bien son métier. J’ai donc choisi de travailler avec lui pour apprendre de son expérience et perfectionner mes compétences. Je souhaite maîtriser les techniques qui permettent de créer des motifs aux lignes souples et harmonieuses, tout en préservant les caractéristiques traditionnelles de la culture khmère”, témoigne Son Binh Dân, de la commune de Tài Van, à Cân Tho, qui a appris le métier aux côtés de Son Thanh Tuân.

Par son talent et son engagement, Son Thanh Tuân ne se contente pas d’embellir les ouvrages de la communauté khmère. En transmettant son savoir-faire aux jeunes générations, il contribue aussi à préserver et à faire rayonner un précieux héritage culturel, perpétuant ainsi les traditions khmères.