Niché sur le flanc du mont Châu Chu, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Huê, le tombeau de Khai Dinh est l'un des monuments funéraires les plus singuliers de la dynastie des Nguyên.
Édifié entre 1920 et 1931, il est le seul mausolée impérial vietnamien construit entièrement avec des matériaux importés, tels que le ciment, l'acier, les vitraux et l'ardoise.
Contrairement aux tombeaux des souverains précédents, bâtis en bois et en pierre massive, l'ensemble des escaliers et des balustrades ornées de dragons a été réalisé en béton armé, une technique de construction alors récemment introduite d'Europe.
Pour atteindre le lieu de repos de l'empereur, les visiteurs doivent gravir 127 marches particulièrement escarpées.
Dominant un paysage de collines verdoyantes, le mausolée occupe un site majestueux, conforme à la volonté de l'empereur Khai Dinh.
La cour d'honneur est gardée par deux rangées de statues de pierre, immobiles et solennelles. Fonctionnaires civils et militaires, éléphants et chevaux y sont représentés presque à taille réelle. Ces sculptures témoignent du raffinement de l'art statuaire et des rites de cour sous la dynastie des Nguyên.
Bien que plus modeste en superficie que les autres tombeaux impériaux de Huê, celui de Khai Dinh est le plus long et le plus coûteux à avoir été construit. Les travaux ont duré onze ans.
Le palais Thiên Dinh, situé au cinquième et dernier niveau du complexe, constitue le cœur du monument. Il abrite l'une des plus remarquables réalisations vietnamiennes de mosaïque en céramique et porcelaine.
L'intérieur du palais est entièrement recouvert de décors en mosaïque d'une exceptionnelle richesse.
Les motifs, composés à la main à partir de fragments de porcelaine, de céramique et de verre coloré, illustrent le haut niveau atteint par les arts décoratifs de la cour impériale vietnamienne au début du XXe siècle.
Khai Dinh (1916-1925), douzième empereur de la dynastie des Nguyên, fut le dernier souverain à faire édifier son propre mausolée.
(Photo: statue en bronze doré de l'empereur Khai Dinh, assis sur son trône. Réalisée en France en 1922, elle est de taille réelle.)
À la différence de la plupart des tombeaux impériaux des Nguyên, où l'emplacement de la chambre funéraire demeure secret afin de préserver le repos du souverain, le tombeau de Khai Dinh présente une particularité unique: la sépulture est aménagée directement sous la statue de bronze de l'empereur, dans le palais Thiên Dinh.
Cet espace est aujourd'hui ouvert aux visiteurs, qui peuvent ainsi découvrir l'un des aspects les plus singuliers de l'architecture funéraire de la dynastie des Nguyên.
Le plafond est orné de la célèbre fresque «Les Neuf Dragons dans les nuages», réalisée par l'artiste Phan Van Tanh. Selon la vox populi, celui-ci aurait peint cette œuvre en utilisant simultanément ses deux mains et ses deux pieds. Près d'un siècle plus tard, les couleurs ont conservé tout leur éclat.
Chaque année, de nombreux visiteurs immortalisent leur passage au tombeau de Khai Dinh, l'un des monuments les plus emblématiques du patrimoine historique, artistique et architectural du Vietnam.
Au fil du temps, le tombeau de Khai Dinh continue de préserver un héritage exceptionnel et de faire rayonner, auprès des visiteurs du monde entier, la richesse culturelle de l'ancienne capitale impériale de Huê.
