Les routes sinueuses qui traversent les montagnes dévoilent peu à peu une nature préservée, entre mer de nuages, fumées légères au crépuscule et premières lueurs du matin.

Dans cette région reculée, le temps semble ralentir. Les habitants s’activent dans les rizières, perpétuant un rythme de vie simple et laborieux au cœur des montagnes.

Au village de Dôn, Pà Bôn Na, une thai, se réjouit d’une récolte particulièrement abondante cette année. Après cette première saison consacrée au riz ordinaire, explique-t-elle, les villageois sèmeront du riz gluant entre septembre et octobre, permettant aux rizières de conserver leur beauté une grande partie de l’année.

Les épis de riz ploient sous le poids de leurs grains gonflés à pleine maturité.

Dans le village de Lan, Hà Thi Lan, artisane spécialisée dans le tissage du brocart, observe une hausse constante du nombre de visiteurs étrangers venus découvrir les savoir-faire traditionnels. Beaucoup passent des heures à regarder les étapes de fabrication: la teinture des fils, le travail minutieux des motifs, puis le tissage manuel. Avant de repartir, ils achètent souvent des écharpes, des sacs ou des jupes en brocart confectionnés sur place.

À Pù Luông, l’artisanat textile thai continue d’être transmis de génération en génération malgré les transformations de la vie moderne. Dans les maisons sur pilotis, de nombreuses artisanes âgées enseignent encore aux jeunes l’art de filer, de teindre et de tisser les motifs traditionnels. Le développement du tourisme communautaire contribue aussi à préserver ce patrimoine. En associant artisanat et accueil des visiteurs, les habitants trouvent de nouvelles sources de revenus tout en renforçant l’attachement des jeunes à leur identité culturelle.

Les visiteurs, vietnamiens comme étrangers, apprécient particulièrement les objets fabriqués à la main: brocarts colorés, écharpes piêu, sacs en tissu ou articles en rotin et bambou. Beaucoup prennent le temps d’observer chaque détail du tissage et s’essaient eux-mêmes au métier traditionnel aux côtés des habitants.

Ces créations artisanales, profondément liées à la vie des montagnes, dépassent le simple souvenir touristique. Elles incarnent une part essentielle de l’identité culturelle du peuple thai.

Emma Roberts, une voyageuse britannique, raconte avoir été marquée par la finesse des brocarts réalisés par les femmes thai de Pù Luông. Elle dit avoir acheté une écharpe, un sac en tissu ainsi que plusieurs objets en rotin et bambou pour les offrir à sa famille et à ses amis. «Chaque produit porte une empreinte unique, sans aucune ressemblance avec la production industrielle. J'aime le sentiment de rapporter chez moi une part de la culture de Pù Luông.»

Au-delà des rizières et de l’artisanat, les marchés de montagne font eux aussi partie des expériences recherchées par les visiteurs.

À Phô Doan, dès l’aube, les habitants des villages voisins affluent avec des produits de la forêt et de la montagne: légumes sauvages, pousses de bambou, miel, volailles élevées en plein air ou étoffes de brocart.

La cascade de Hiêu figure parmi les sites les plus fréquentés de la réserve. Nichée dans une nature encore largement intacte, elle attire les voyageurs venus chercher fraîcheur et tranquillité. L’eau descend en cascades successives sur des rochers recouverts de mousse, créant un paysage à la fois spectaculaire et apaisant.

Autre curiosité emblématique de Pù Luông: les grandes roues à eau en bambou, installées le long des ruisseaux traversant les villages thai. Actionnées uniquement par le courant, elles acheminent l’eau vers les rizières en terrasses jour et nuit. Ce système d’irrigation traditionnel intrigue particulièrement les visiteurs étrangers, nombreux à s’arrêter pour observer, filmer ou expérimenter ce mécanisme entièrement naturel.