Ces résultats montrent que l’objectif d’une croissance élevée pèse de plus en plus sur la conduite des politiques économiques locales et qu’il s’accompagne d’une responsabilisation accrue des provinces, des villes et des différents échelons administratifs.
Des collectivités qui tirent la croissance
Les cinq provinces et villes affichant les plus forts taux de croissance du PIB régional sur les neuf premiers mois figurent toutes parmi les dix premières du classement établi au terme du premier semestre.
La ville de Quang Ninh arrive en tête, avec une croissance de 12,54 % sur neuf mois. Au seul troisième trimestre, son PIB régional a progressé de 15,04 %. Cette forte dynamique tient à plusieurs facteurs conjugués: accélération des décaissements des investissements publics, essor de la production industrielle et reprise du tourisme, qui stimule à son tour l’hébergement, la restauration, les activités de voyage et le transport.
«Nous avons proposé un ensemble cohérent de mesures, allant de la promotion et de la communication à la mise en place de mécanismes et de politiques favorisant le développement de nouveaux produits touristiques, des infrastructures et d’autres secteurs, afin de faire du tourisme à Quang Ninh une activité toujours plus moderne et haut de gamme», explique Nguyên Thuy Yên, directrice adjointe du service de la Culture, des Sports et du Tourisme de Quang Ninh.
Au troisième trimestre, des immeubles de grande hauteur, des complexes commerciaux et de services ainsi que différents projets d’infrastructure ont été mis en chantier dans le cadre du programme 2025-2026 de Quang Ninh.
La production industrielle reste l’un des moteurs de la croissance de la ville, avec une progression à la fois des capacités et du nombre de projets. Sur les neuf premiers mois de 2026, l’indice de la production de l’industrie manufacturière et de transformation a augmenté de 33,59 % sur un an.
Derrière Quang Ninh viennent Hà Tinh, Hai Phong, Bac Ninh et Ninh Binh. Les cinq collectivités affichant les plus fortes croissances du PIB régional sur neuf mois dépassent toutes les 11 %, confirmant ainsi une accélération sensible par rapport au premier semestre.
De nouveaux relais de croissance
L’un des enseignements de ces résultats est l’apparition de nouveaux relais de croissance sur le territoire. Les capacités de production se renforcent, de grands projets commencent à produire leurs effets, les services se redressent, les investissements publics s’accélèrent et certains blocages persistants commencent à être levés. Lorsque plusieurs collectivités parviennent simultanément à créer de nouveaux moteurs de croissance, c’est l’ensemble de l’économie qui gagne en solidité.
Cette évolution revêt une importance particulière dans la mesure où le Vietnam s’est fixé pour objectif une croissance annuelle du PIB d’au moins 10 %. Même les grands pôles économiques, aussi importants soient-ils, ne peuvent à eux seuls fournir l’intégralité de l’effort nécessaire. La contribution de chaque province et de chaque ville, en fonction de ses marges de progression, de ses atouts et des ressources dont elle dispose, est donc déterminante.
Cette année marque à cet égard une évolution dans la manière de fixer les objectifs et d’en assurer le suivi. La résolution n°169 du gouvernement sur les objectifs de croissance des collectivités locales pour 2026 décline ainsi les responsabilités des 34 provinces et villes à travers un ensemble de 32 indicateurs économiques, sociaux et environnementaux, applicables à la fois pour l’année 2026 et pour la période 2026-2030.
Une fois les objectifs chiffrés, la responsabilité ne peut plus se limiter à des engagements généraux. Chaque collectivité doit établir son propre scénario de croissance, suivre de près sa mise en œuvre, identifier les difficultés persistantes et lever rapidement les obstacles susceptibles d’affecter les résultats.
Une décentralisation accrue implique également davantage de responsabilités. Les collectivités disposent de marges de décision plus importantes, mais doivent en contrepartie pouvoir rendre compte des résultats des choix qu’elles opèrent.
Dans ce contexte, la loi sur le développement urbain, entrée officiellement en vigueur ce 1er octobre 2026, doit contribuer à créer un cadre juridique permettant de mobiliser davantage de ressources et d’accélérer le développement. C’est du reste ce qu’a tenu à souligner le vice-président de l’Assemblée nationale Nguyên Khac Dinh, lors d’une session du Comité permanent de l’Assemblée nationale en juillet dernier.
«Le projet de loi sur le développement urbain repose sur un principe de décentralisation plus poussée et plus complète au profit des collectivités, selon lequel les collectivités agissent et en assument la responsabilité. Il faut toutefois garantir l’unité de l’administration nationale et respecter les principes d’exercice du pouvoir de l’État consacrés par la Constitution. Les mécanismes et politiques destinés à favoriser le développement des zones urbaines spéciales ont également été révisés afin de leur conférer un caractère véritablement spécifique et des avantages supérieurs», avait-il alors expliqué.
La principale innovation de la loi sur le développement urbain réside dans le renforcement de la décentralisation et de la délégation de compétences aux collectivités pour la préparation et la mise en œuvre des projets. L’objectif est notamment de réduire les coûts pour les entreprises et d’optimiser les flux d’investissement.
La loi encadre également de nouveaux modèles de développement urbain, tels que les villes intelligentes, les villes vertes et le développement axé sur les transports collectifs (TOD). Elle permet notamment de capter la plus-value foncière générée autour des pôles de transport afin de la réinvestir dans les infrastructures.
Dans l’ensemble, les résultats enregistrés au cours des neuf premiers mois de 2026 montrent que la dynamique économique des collectivités vietnamiennes se consolide. Les derniers mois de l’année seront décisifs. Les provinces et les villes devront continuer à s’appuyer sur les moteurs de croissance existants et à exploiter les nouveaux relais pour accélérer les investissements, accroître la production et stimuler les secteurs disposant encore d’un potentiel de croissance.
