Décidée lors du quatrième Plénum du Comité central, tenu du 5 au 10 août 2026, cette réglementation remplace celle n° 15 de 2006, qui était consacrée à l’activité économique privée des membres du Parti. Son champ d’application, plus large, tient davantage compte des réalités économiques et des pratiques internationales.

Des contributions croissantes à l’économie

En vingt ans, le nombre de membres du Parti actifs dans le secteur privé a plus que quintuplé, passant de 35.000 en 2006 à 187.000 en 2026. Entrepreneurs et chefs d’entreprise partisans ont ainsi contribué à la production, à la création d’emplois, au respect des obligations fiscales et à la protection sociale.

Leur participation reste toutefois en deçà des attentes. Selon la Commission centrale des politiques et stratégies, ils ne représentent que 3,31 % des quelque 5,6 millions de membres du Parti.

Le fait est que la réglementation de 2006 encadrait principalement l’activité économique privée des adhérents travaillant hors du secteur public, tout en limitant fortement les possibilités pour ceux qui y exercent. Or, les membres du Parti représentent plus de 98 % des fonctionnaires et plus de 85 % des agents du secteur public.

La nouvelle réglementation entend lever ces limites et encourager les membres du Parti à mettre leurs compétences au service de l’économie, comme l’explique Nguyên Thanh Nghi, chef de la Commission centrale des politiques et stratégies.

«Cette réglementation élargit le champ des activités d’investissement et d’affaires ouvertes aux membres du Parti, en tenant compte des réalités et des pratiques internationales. Elle vise à renforcer leur rôle exemplaire dans le développement économique. Au-delà de l’application des orientations du Parti et des lois de l’État, ils doivent montrer l’exemple dans le travail, la production et l’entrepreneuriat, créer légalement de la richesse, assumer leurs responsabilités envers la société et l’environnement et contribuer activement au développement national dans cette nouvelle ère», souligne-t-il.

Un tournant stratégique

En passant d’une logique d’autorisation à une politique d’encouragement et de facilitation de l’enrichissement légitime, le Parti entend libérer davantage d’initiatives, y compris parmi ses membres travaillant dans le secteur public. Pour Mac Quôc Anh, vice-président et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises de Hanoï, cette évolution représente aussi un moyen d’éviter le gaspillage des ressources de la société.

«Cette orientation, attendue depuis longtemps, doit permettre aux membres du Parti de contribuer plus concrètement à l’économie nationale, en faisant preuve de créativité et en passant à l’action. À l’heure où le pays entre dans une nouvelle ère de développement, chacun doit pouvoir mobiliser ses compétences et agir utilement. En leur donnant davantage de moyens pour réaliser leurs aspirations, cette politique renforcera leur motivation à s’engager au service du pays», estime-t-il.

Enfin, à terme, la nouvelle réglementation pourrait également renforcer l’attractivité du Parti auprès d’entrepreneurs performants et d’intellectuels talentueux, capables de créer de la valeur tout en promouvant le respect de la loi et une culture des affaires intègre.