Les discussions se sont articulées autour de trois grands thèmes: les nouveaux modèles de croissance et les expériences de restructuration économique; les réformes institutionnelles, la finance, les technologies stratégiques et l’innovation pour mobiliser les ressources; et la coopération internationale en faveur de nouveaux modèles de croissance.

Lors de la session consacrée aux réformes institutionnelles, au financement, aux technologies stratégiques et à l’innovation, les intervenants ont souligné que, pour attirer les capitaux étrangers, le Vietnam devait miser sur la transparence, le professionnalisme et le respect des mécanismes du marché.

Selon Marc Knapper, ancien ambassadeur des États-Unis au Vietnam, président de Knapper Global Advisors et membre du groupe consultatif du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville, les institutions financières intéressées par le marché vietnamien recherchent avant tout des produits concrets et des projets d’investissement bien définis. Leur intérêt ne se limite pas nécessairement à une présence au sein de ce centre financier.

“Les investisseurs étrangers attendent du Vietnam un environnement stable et prévisible sur le long terme, ainsi qu’un renforcement de ses liens avec les économies de la région et les grandes places financières mondiales. Pour attirer les capitaux, le pays peut notamment miser sur les obligations vertes et le financement des infrastructures, tout en valorisant son potentiel humain et ses abondantes ressources naturelles. Mais la condition essentielle pour attirer durablement les investissements reste la confiance”, a-t-il souligné.

Pour l’économiste Cân Van Luc, le Vietnam doit aussi renforcer son excédent commercial et diversifier ses sources de devises pour financer son développement économique. Cela passe notamment par une hausse des transferts de fonds de la diaspora, des recettes touristiques et des investissements directs étrangers (IDE), ainsi que par l’améliorationdu classement de son marché boursier.

“Le Vietnam doit diversifier ses sources de financement et ne pas s’appuyer uniquement sur le crédit bancaire. Son système financier nécessite encore des améliorations importantes, notamment sur le plan institutionnel et réglementaire. La mise en place d’un cadre juridique expérimental (sandbox) pour les nouveaux modèles économiques accuse notamment du retard. Par ailleurs, le marché des capitaux n’a pas pleinement joué son rôle au cours des 30 dernières années. Son développement constitue donc un enjeu majeur pour les années à venir”, a-t-il dit.