Lors de l’examen du plan de développement socio-économique pour 2027, à la deuxième session de la XVIe législature de l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont insisté sur les conditions nécessaires à la réalisation de cet objectif: mobiliser davantage de ressources, accélérer les réformes, stimuler de nouveaux moteurs de croissance et améliorer la mise en œuvre des politiques publiques.
Mobiliser les capitaux et lever les obstacles institutionnels
Pour Trân Hoàng Ngân, député de Hô Chi Minh-Ville, la mobilisation des capitaux d’investissement constitue un enjeu majeur. Encore faut-il préciser les besoins de financement et déterminer comment réunir les ressources nécessaires pour mettre en oeuvre les priorités en matière de réformes institutionnelles et de planification.
«La priorité doit être donnée aux réformes institutionnelles et à la planification. Mais pour concrétiser ces orientations, il faut aussi disposer des capitaux nécessaires. Qu’en est-il concrètement? Selon les objectifs fixés, les investissements doivent représenter entre 35 et 40% du PIB. Or, le PIB vietnamien pour 2026 est estimé à environ 14,6 millions de milliards de dôngs, soit près de 564 milliards de dollars. Les besoins d’investissement s’élèvent donc à quelque 5,2 à 5,4 millions de milliards de dôngs, soit entre 201 et 208 milliards de dollars. À ce stade, nous disposons de 3,1 millions de milliards de dongs, soit environ 120 milliards de dollars. Il reste donc à mobiliser entre 2,2 et 2,4 millions de milliards de dôngs, soit entre 85 et 93 milliards de dollars, au quatrième trimestre», précise-t-il.
Mais mobiliser des capitaux ne suffit pas: encore faut-il les utiliser efficacement. La réforme des institutions doit donc s’accompagner de mesures concrètes pour faciliter la mise en œuvre des projets, notamment au niveau local. La législation foncière figure parmi les dossiers prioritaires, estime Pham Dai Duong, député de la province de Phu Tho.
«Il faut examiner attentivement le texte afin que la loi foncière puisse être adoptée et appliquée concrètement par les collectivités locales, notamment en matière de prix des terrains et d’attribution des terres. Si nous parvenons à avancer sur ce dossier et à adopter rapidement la loi, cela pourrait soutenir la croissance d’ici à la fin de l’année et permettre de mettre en œuvre les mesures nécessaires dès le début de 2027», explique-t-il.
Miser sur la technologie et améliorer la qualité de la croissance
Au-delà des investissements et des réformes institutionnelles, les députés soulignent la nécessité de diversifier les moteurs de croissance. Atteindre un objectif aussi ambitieux suppose non seulement d’investir davantage, mais aussi d’améliorer la productivité, de renforcer l’innovation et de mieux exploiter les ressources disponibles.
Phùng Duc Tiên, député de la province de Khanh Hoa, insiste notamment sur le rôle de l’investissement public et des sciences et technologies.
«Il faut viser un taux de décaissement de 100% pour l’investissement public. Deuxièmement, la résolution 57 du Bureau politique accorde une place centrale aux sciences et aux technologies. Pourtant, le décaissement des crédits d’investissement dans ces domaines reste aujourd’hui très faible. Nous devons donc faire des sciences et des technologies une priorité et un levier décisif pour stimuler la croissance», dit-il.
La question de la durabilité se pose également. Une croissance élevée ne peut être considérée comme un succès durable si elle ne s’accompagne pas d’une activité économique solide et de meilleures conditions de fonctionnement pour les entreprises. Lê Thi Ngoc Linh, députée de la province de Cà Mau, appelle ainsi à examiner de près les difficultés persistantes auxquelles celles-ci sont confrontées.
«Il faut veiller à ce qu’une croissance élevée soit également durable. Je demande donc au gouvernement d’examiner plus attentivement les résultats obtenus, ainsi que les difficultés révélées par le recul de certains indicateurs. Il faut également supprimer les procédures administratives qui se chevauchent et faciliter l’accès des entreprises au crédit», souligne-t-elle.
Pour les députés, la réalisation de l’objectif de croissance dépend ainsi d’un ensemble de facteurs complémentaires: l’investissement public, les avancées scientifiques et technologiques, l’accès au financement et l’amélioration de l’environnement des affaires. L’enjeu est de faire en sorte que les ressources mobilisées se traduisent effectivement par des gains de productivité et des résultats économiques durables.
Reste à transformer ces orientations en mesures concrètes. La réussite du plan de développement socio-économique pour 2027 dépendra aussi de la répartition des responsabilités, du suivi des objectifs et de la capacité des autorités à rendre compte des résultats obtenus.
Phùng Huu Toàn, député de la province de Lai Châu, insiste sur la nécessité de renforcer la discipline dans la mise en œuvre.
«La qualité de la mise en œuvre est déterminante. Il faut définir clairement, pour chaque tâche, les responsabilités, les délais, les ressources nécessaires et les résultats attendus. Il faut aussi renforcer le contrôle et la supervision, en liant la responsabilité des dirigeants aux résultats obtenus. L’objectif constant doit être d’améliorer la productivité, l’efficacité de l’utilisation des ressources et les capacités internes de l’économie. Une croissance élevée doit aller de pair avec la stabilité macroéconomique, le développement durable et une amélioration réelle des conditions de vie matérielles et spirituelles de la population.», affirme-t-il.
Atteindre une croissance d’au moins 10% en 2027 ne dépendra donc pas seulement des ambitions affichées, mais de la capacité à lever les obstacles, à mobiliser les ressources et à mettre en œuvre les réformes. Pour le Vietnam, le défi sera de concilier accélération de la croissance, stabilité macroéconomique et amélioration durable du niveau de vie.
