Afin de lever les obstacles à la croissance, le gouvernement a ciblé quatre axes prioritaires: accélérer le décaissement des investissements publics, relancer les investissements privés, renforcer les capacités des entreprises nationales et dynamiser les exportations.

Relancer les moteurs de la croissance

Les investissements publics jouent un rôle central dans le soutien de la demande globale. Pour y parvenir, les ministères et les collectivités locales ont reçu pour instruction d’abandonner les petits projets dispersés et de se concentrer sur les grands chantiers stratégiques, ceux dont l’impact est sensé s’étendre à l’ensemble du pays sur le moyen et long terme.

Le gouvernement a ainsi ordonné d’accélérer la réalisation des projets clés dans les secteurs des transports, des infrastructures stratégiques, de l’énergie, de l’agriculture et du numérique, ainsi que des programmes nationaux prioritaires. Un système de notation mensuelle du décaissement des fonds publics est en cours d’expérimentation, avec une mise en œuvre officielle prévue à partir d’octobre 2026. Ce mécanisme servira de base pour l’allocation des budgets des années suivantes, comme l’a annoncé le Premier ministre Lê Minh Hung, lors de la première réunion de la Direction centrale chargée de la réalisation des programmes nationaux cibles, tenue ce jeudi 9 juillet.

"Il faut une coordination globale des quatre programmes nationaux cibles pour créer une dynamique commune, en particulier dans les régions défavorisées, les zones rurales, montagneuses et peuplées de minorités ethniques. Les ressources doivent être allouées avec précision, en évitant les chevauchements et la dispersion. Aucune tolérance pour le gaspillage, la corruption ou les pertes de fonds. Nous devons faire en sorte de décaisser 100 % des fonds alloués par le budget central pour 2026, y compris les 17.000 milliards de dôngs reportés des programmes 2021–2025. Ce sera le critère d’évaluation du décaissement pour chaque ministère, secteur et localité", a-t-il souligné.

Sur le front du commerce extérieur, le déficit commercial enregistré au premier semestre s’explique par la nécessité d’importer des matières premières, composants, machines et équipements pour préparer le lancement de nouveaux projets. Une poussée de la production et des exportations est donc attendue pour le second semestre.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce a été chargé de diversifier les marchés, les produits et les chaînes d’approvisionnement, tout en tirant parti des accords de libre-échange existants et en négociant de nouveaux partenariats. Le développement du marché intérieur sera également stimulé, avec le renforcement de la campagne «Les Vietnamiens privilégient les produits vietnamiens». Des mécanismes d’alerte précoce seront mis en place pour aider les entreprises à anticiper les mesures de défense commerciale, garantir la traçabilité et respecter les normes environnementales, tout en luttant contre la falsification de l’origine des produits.

"La question la plus importante pour le ministère de l’Industrie et du Commerce est de stimuler la production. C’est notre priorité absolue pour les mois à venir. Sans une production stable, il n’y aura pas d’exportations solides. En parallèle, le ministère doit étudier et proposer des mesures pour développer des exportations moins dépendantes des importations, secteur par secteur", a déclaré vice-Premier ministre Pham Gia Tuc.

La croissance, une responsabilité partagée

Le 4 juillet, lors d’une conférence réunissant le gouvernement et les collectivités locales, le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, a insisté sur le devoir de chacun de contribuer à la croissance nationale.

"La croissance est une responsabilité collective, mais elle doit être liée à la responsabilité personnelle de chaque ministre, de chaque dirigeant de secteur, de chaque secrétaire du Parti et président de province. Il faut encourager les cadres à agir pour l’intérêt général, tout en renforçant la discipline, en luttant contre la corruption, le gaspillage, les conflits d’intérêts et le rejet de responsabilité", a-t-il martelé.

Pour traduire ces directives en actes, le gouvernement finalise actuellement des programmes d’action détaillés, avec des échéances précises par mois et par trimestre. Les dirigeants doivent prendre en main directement les dossiers complexes, les blocages interministériels et les points de friction persistants. Aussitôt après la réunion du 4 juillet, les responsables de l’exécutif se sont rendus sur le terrain, dans les provinces clés, pour débloquer les situations et accélérer les décaissements.

Le Vietnam dispose désormais d’atouts solides: des infrastructures développées, un cadre institutionnel mature, et une volonté collective, portée par les entreprises comme par les citoyens. Chaque effort supplémentaire, même modeste, de la part d’un secteur ou d’une localité, contribuera à une avancée majeure. C’est cette dynamique cumulative qui permettra d’atteindre, voire de dépasser, l’objectif de croissance fixé pour 2026.