L’histoire du pays s’ouvre avec la légende des rois Hùng, à l’origine de l’État de Van Lang. Depuis des siècles, leur culte s’est enraciné dans les pratiques et les esprits, tissant un lien continu entre passé et présent, entre l’individu et le collectif.
Un fil entre les Vietnamiens d’ici et d’ailleurs
Aujourd’hui, plus de 1.400 lieux de culte dédiés aux rois Hùng jalonnent le territoire, du nord au sud. Mais c’est dans la province de Phu Tho, où se trouve le site historique du Temple des rois Hùng, que bat le cœur des commémorations.
Chaque année, des foules s’y pressent, patientent pour déposer un bâton d’encens, dans un geste à la fois intime et collectif. Une image forte, qui dit la permanence d’un lien capable de traverser les épreuves — des guerres à la pandémie de Covid-19, des catastrophes naturelles aux défis contemporains.
Au-delà des frontières, la fête résonne aussi dans la diaspora, de Paris à Berlin, de New York à Sydney. Même loin, le même souhait se répète: prospérité, paix, continuité.
Hoàng Dinh Thang, président de l’Union des associations vietnamiennes en Europe, résume cet attachement:
«Pour nous, les fêtes traditionnelles comptent énormément, surtout celle des rois Hùng. À l’étranger, c’est un moment très fort. On se rappelle qu’on vient tous du même endroit. Et à partir de là, on se serre les coudes, on s’entraide, on fait vivre nos traditions.»
Une mémoire tournée vers l’avenir
Célébrer les rois Hùng ne se limite pas à des rituels. C’est aussi faire vivre une certaine idée du Vietnam: un pays uni, solidaire, conscient de son histoire.
Aujourd’hui, le Vietnam ouvre une nouvelle phase de son développement, portée par des ambitions d’ampleur historique: atteindre, d’ici 2030, les objectifs fixés pour le centenaire du Parti communiste vietnamien, puis, à l’horizon 2045, hisser le pays au rang des nations développées, pour le centenaire de la fondation de l’État. L'aspiration à un peuple prospère, un pays fort, une société démocratique, juste et civilisée exige de nouvelles énergies — transition verte, transformation numérique, science et technologie, innovation, économie circulaire. Mais le fondement de toute avancée reste le même: l'union. S'unir pour lever les verrous institutionnels, mobiliser les ressources, partager les risques et démultiplier les chances et surtout ne laisser personne de côté. L'unité nationale est le moteur interne irremplaçable.
Sur la scène internationale, cette cohésion devient aussi un atout. Elle façonne l’image d’un Vietnam sûr de lui, capable d’avancer dans un monde ouvert.
Bùi Hoài Son, membre permanent de la Commission de la culture et des affaires sociales de l’Assemblée nationale, y voit une véritable force:
«La foi liée au culte des rois Hùng crée quelque chose de puissant: un esprit d’unité, un patriotisme qui dépasse les frontières. Le fait que cette fête soit célébrée dans de nombreux pays rapproche les Vietnamiens du monde entier. Ça nourrit la solidarité, ça renforce l’attachement au pays — et, au fond, ça construit une vraie force vietnamienne.»
Au fil du temps, la Fête des rois Hùng s’est imposée comme bien plus qu’un rituel. Elle est devenue un repère, un engagement. Elle dit à la fois ce que le Vietnam a été et ce qu'il entend devenir — un peuple de même souche, uni dans l'effort de construction nationale.
