Construit en 1683, le temple Ta Phu est dédié à Thân Công Tài, un haut fonctionnaire de la dynastie des Lê postérieurs. Selon les documents historiques, pendant son mandat à Lang Son, Thân Công Tài n’a pas seulement veillé à la défense de cette région frontalière, mais a également favorisé les échanges commerciaux et contribué à la création de quartiers marchands, faisant de Ky Lua un centre commercial prospère du Nord-Est.
Dang Minh Thuân fait partie de la garde permanente du temple.
«Le temple Ta Phu ne rend pas un culte à une légende, mais à une personne réelle, pour des faits avérés. À l’époque où il était en poste à Lang Son, ses mérites étaient immenses. Il a non seulement maintenu la paix à la frontière, mais il a aussi encouragé les habitants locaux et les marchands chinois à venir s’installer, défrichant ces terres montagneuses pour fonder le marché de Ky Lua dès le XVIIᵉ siècle», raconte-t-il.
Le temple Ta Phu est aussi indissociable du festival Ky Cùng – Ta Phu, le plus grand événement culturel de la province de Lang Son, qui se tient chaque année du 22 au 27e jour du premier mois du calendrier lunaire. Ce festival crée un lien entre les temples Ky Cùng et Ta Phu grâce à une procession solennelle: le palanquin de Quan Tuân Tranh, qui est vénéré au premier temple, est portée jusqu’au temple Ta Phu en hommage à son génie tutélaire, Thân Công Tài.
Parmi les rituels marquants, la course aux pétards (un anneau sacré projeté par l’explosion d’un pétard que les participants tentent de ramasser) occupe une place centrale, entourée de récits empreints de spiritualité et d’humanité, comme l’indique Dang Minh Thuân.
«S’emparer de l’anneau projeté du pétard a une signification spirituelle. Celui qui y parvient se sent chanceux. Selon la tradition, cette personne verra sa famille vivre en harmonie et ses affaires prospérer», explique-t-il.
Ngô Quôc Vinh, touriste venu de Hanoï, se dit ravi de découvrir le temple pour la première fois.
«Le temple a été restauré avec une grande beauté, dans un style architectural asiatique majestueux et élégant. La forte présence de pierre et de bois montre à quel point ce lieu est soutenu par la population locale et considéré comme sacré», constate-t-il.
En 1993, le temple Ta Phu, tout comme le temple Ky Cùng, a été classé site historique national. Puis, en 2015, le festival Ky Cùng – Ta Phu a été reconnu comme patrimoine culturel immatériel national. Ces distinctions ne soulignent pas seulement la valeur patrimoniale du site, mais aussi la pérennité d’un espace culturel profondément ancré dans la vie des populations locales.
Pour élargir cet espace culturel et spirituel et attirer davantage de visiteurs, les autorités locales multiplient les initiatives.
«À Ky Lua, certains sites de tourisme spirituel, comme le temple Ta Phu et la pagode Bac Nga, sont déjà bien connus. Pour les développer davantage, les autorités locales investissent dans leur préservation. Nos mots d’ordre sont les suivants: conserver l’authenticité, valoriser les traditions et élargir l’espace culturel», indique Hô Thi Tô Uyên, vice-présidente du Comité populaire du quartier de Ky Lua.
Nguyên Quang Trung, expert en formation et développement du tourisme culturel et spirituel, donne son avis:
«Le festival du temple Ta Phu nécessite une collaboration plus étroite entre les services concernés, les gestionnaires, les entreprises, les experts et surtout la communauté locale. À l’échelle nationale aussi, nous devons conserver les valeurs historiques et culturelles à travers des fêtes traditionnelles méthodiquement organisées.»
Au cœur de la modernité, le temple Ta Phu reste un témoin du temps, un pont entre le passé et le présent, un lieu où chaque visiteur peut mieux comprendre la profondeur historique et spirituelle de cette terre sacrée, à la frontière du pays.
