Puits, chemins, murets, enceintes ou maisons anciennes… partout, la pierre raconte ici un fragment du passé. Par son caractère singulier, ce lieu attire désormais un nombre croissant de visiteurs et s’impose comme une nouvelle étape dans la découverte de l’ancienne terre de Phu Yên, aujourd’hui intégrée à la province de Dak Lak.

Sans billet d’entrée ni guichet, le village de Phu Hanh s’offre simplement à ceux qui empruntent la route menant au célèbre site de Gành Da Dia. Depuis quelque temps, des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont contribué à faire connaître ce lieu jusque-là discret, attirant des visiteurs venus de près comme de loin pour découvrir cet univers minéral.

Ce village paisible conserve de nombreux vestiges anciens. Parmi eux, plusieurs puits de pierre retiennent particulièrement l’attention. Quel que soit le temps, ils restent remplis d’une eau fraîche et limpide. Nguyên Danh Hanh, un chercheur en histoire et en culture, a étudié ce patrimoine.

«D’après nos observations, ces puits remontent à au moins deux cents ans. Je pense qu’ils doivent être préservés, afin que les générations futures puissent mieux comprendre une période de l’histoire de nos ancêtres, mais aussi pour enrichir l’offre touristique locale», estime-t-il.

Outre ces puits anciens, Phu Hanh séduit aussi par ses chemins de pierre qui serpentent sous des arbres centenaires. Des clôtures de pierre bordent les jardins, ponctuées de fleurs de lantana, de kalanchoés ou de cactus, plantes capables de résister au climat rude du littoral.

Ceux qui découvrent le village pour la première fois s’étonnent devant ces maisons bâties en pierre, ces enclos pour le bétail entièrement construits en pierre, ou encore ces tombes elles aussi façonnées dans la roche. Certains murs ont été élevés comme de véritables fortifications autour de maisons et de vergers, donnant parfois au paysage une apparence presque préhistorique. L’ensemble compose un espace patrimonial rare, où l’architecture vernaculaire se fond dans le relief naturel.

À Phu Hanh, un ancien chemin de pierre serpente entre les arbres jusqu’à une colline basse appelée CôThach. Depuis ce promontoire, le regard embrasse la mer, l’îlot de Yên, la baie de Xuân Dài et la plage qui s’étend au pied de la colline. Pour de nombreux visiteurs, dont Nguyên Chi Tuong, venu de Dông Nai, l’expérience laisse une impression durable.

«La colline de CôThach est magnifique avec son charme ancien qui rappelle l’Europe. J’ai été impressionné par ces rangées de pierres superposées. Le lieu est vraiment fascinant. Monter jusqu’ici en vaut la peine», partage-t-il.

Nguyên Huu Nhân, lui, habite le quartier de Hoa Hiêp, à Dak Lak même.

«J’avais vu des images sur TikTok et je suis venu par curiosité. En réalité, c’est encore plus beau. En bas, les pierres sont agencées harmonieusement, et une fois au sommet, le paysage est superbe», témoigne-t-il.

Malgré les années, les pluies et le vent du large, les ouvrages de pierre de Phu Hanh sont restés intacts. Pour les habitants, et notamment pour NguyênLâu qui accueille régulièrement des visiteurs, ce patrimoine constitue une source de fierté.

«Les visiteurs m’appellent souvent lorsqu’ils arrivent ici. Quand ils montent à Cô Thach, ils me demandent quelle est cette pierre. Je leur explique qu’il s’agit de pierres anciennes. Autrefois, elles étaient assemblées sans ciment, et pourtant elles sont restées solides jusqu’à aujourd’hui», dit-il.

Dans la dynamique actuelle d’un tourisme plus durable, si Gành Da Dia demeure le symbole d’un prodige géologique naturel, Phu Hanh apparaît comme celui de l’ingéniosité, de l’identité et de la vitalité des communautés côtières. Réunis, ces deux patrimoines font de ce territoire non seulement un lieu de beauté brute, mais aussi un espace culturel vivant, profond et singulier de Dak Lak comme du Vietnam tout entier.