Depuis le début de l'année, l'Italie a recensé plus de 650 cas, soit environ la moitié du total européen. Le chercheur Antonino Bella, de l'Institut national de la santé italien (ISS), explique que les températures élevées liées au changement climatique favorisent la reproduction des moustiques et prolongent la saison de transmission, augmentant ainsi le risque de transmission du virus à l'homme.
«Le changement climatique, en particulier la hausse des températures, a un impact pour deux raisons principales. D'abord, il favorise la reproduction des moustiques. Ensuite, il prolonge leur saison d'activité, ce qui accroît la probabilité d'apparition de moustiques porteurs du virus capables de le transmettre à l'homme. Par conséquent, le nombre de cas augmente également. Le virus du Nil est désormais endémique en Italie. La saison épidémique commence généralement en juin et se termine en octobre, mais certaines années ont vu des cas apparaître jusqu'au début novembre», a-t-il précisé.
Le virus est considéré comme endémique en Italie depuis 2020. Environ 80 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme, la plupart des autres cas se limitant à des signes de type grippal. Une faible proportion, essentiellement des personnes âgées ou fragiles, peut développer des complications neurologiques graves. Des régions jusqu'ici peu touchées commencent également à enregistrer des cas, signe d'une extension progressive de la zone de circulation du virus.
En mai dernier, une équipe de chercheurs belges s'est rendue à l'ISS pour étudier le système de recherche et de surveillance italien, après l'apparition de cas de transmission locale en Belgique. Les Pays-Bas ont également enregistré plus de 20 cas cette année, une première depuis 2020, dont plusieurs décès. Le Bureau régional de l'OMS pour l'Europe estime que le réchauffement climatique prolongera la période de reproduction du virus et des moustiques vecteurs dans de nombreux pays.
En juin dernier, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladiesavait déjà averti que le réchauffement climatique, associé à des vagues de chaleur et des inondations plus fréquentes et plus sévères ainsi qu'à des étés plus longs, créait des conditions favorables aux espèces de moustiques invasives comme Aedes albopictus et Aedes aegypti.
Ce dernier, vecteur de nombreux virus dont la dengue, la fièvre jaune, le chikungunya, le Zika et le Nil occidental, est présent à Chypre depuis 2022 et pourrait se propager à d'autres pays européens.
Aedes albopictus, présent il y a une décennie dans 8 pays européens et 114 zones, se trouve désormais dans 13 pays et 337 zones.
